Deux huissiers détenus : le parquet spécial de la CRIEF répond à la menace de débrayage

Lexpress Guinée
Oct 5, 2026



Conakry — Le bras de fer se durcit entre la Chambre nationale des huissiers de justice de Guinée et le parquet spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Après la menace d’un débrayage pour réclamer la libération de deux de leurs confrères, les huissiers font désormais face à une réponse ferme du parquet spécial.
À l’origine de la tension, le placement sous mandat de dépôt de Sory Daouda Camara, président honoraire de la Chambre nationale des huissiers, et de Mandjou Sangaré. Les deux auxiliaires de justice sont poursuivis notamment pour des faits présumés d’« escroquerie au jugement » et de « faux en écritures publiques ».
Réunie en assemblée générale extraordinaire le 1er octobre, la Chambre nationale des huissiers a demandé leur remise en liberté. Son président, Me Aboubacar Camara, soutient que les deux confrères agissaient dans le cadre de l’exécution d’une décision de justice et estime qu’ils ne méritent pas la détention.
La corporation prévoit d’abord de saisir le ministère de la Justice. Mais elle prévient qu’en l’absence de libération, un mouvement de débrayage pourrait être déclenché.
« Aucune pression »
La réponse du parquet spécial de la CRIEF ne s’est pas fait attendre. Face à cette menace, il affirme qu’il ne cédera à aucune pression, réaffirmant ainsi sa volonté de laisser la procédure judiciaire suivre son cours.
Sur le plan judiciaire, la demande de mise en liberté provisoire formulée par les avocats des deux huissiers a déjà été rejetée lors de l’ouverture du procès. Une nouvelle audience est annoncée pour le mercredi 7 octobre devant la chambre de jugement de la CRIEF.
La prochaine audience s’annonce donc particulièrement suivie. D’un côté, les huissiers réclament la libération de leurs confrères et brandissent la possibilité d’une cessation d’activités. De l’autre, le parquet spécial maintient sa position et entend poursuivre la procédure sans céder aux pressions.
Le dossier entre ainsi dans une nouvelle phase, où l’évolution de la procédure judiciaire pourrait déterminer la suite du bras de fer.

Moussa Camara