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Opinion: Ibrahima Kassory Fofana s’en ira-t-il avec ses promesses de lutte contre la corruption ?

 Société
8/6/2018

 



Jeudi 19 avril 2018, dans une offensive médiatique sans précédent dans l’histoire récente de notre jeune démocratie, le Premier Ministre Ibrahima Kassory Fofana, alors candidat à la primature affirmait sur la Radio Espace FM : « Je vous garantis, si je prenais la primature, le Président Alpha Condé délivrera son objectif de 10% de croissance avant la fin de son mandat. Les gens ont peur de mon avènement éventuel à la primature parce que la lutte contre la corruption pourrait être l’un des actes principaux de mon action gouvernementale ».

Lundi 21 mai 2018, par un décret lu à la télévision nationale au journal de 20h30, le Président de la république, le Professeur Alpha Condé le nommait Premier Ministre Chef du Gouvernement.

Mardi 29 mai 2018, il déclarait : « J’ai fait ma déclaration des biens à la Cour constitutionnelle conformément aux lois de la République. Il n’est jamais trop tard pour bien faire. Les autres membres du gouvernement vont tous passer. »

Jeudi 7 juin 2018, sur proposition du Premier Ministre, le président Alpha Condé relevait de leur fonction le directeur général de l’Office Guinéenne de publicité (OGP) et de l'Office Guinéenne des Chargeurs (OGC) "malversations financières".

En Guinée, il y avait un besoin urgent d'un nouveau gouvernement qui ait parfaitement conscience des changements à promouvoir dans le pays, des réformes politiques tout autant qu'administratives, budgétaires et financières. Et, last but not least, qui ferait de la lutte contre la corruption, son cheval de bataille. Il y a surtout besoin d’hommes responsables et engagés qui assument leur parole et soient capables de quitter leur poste s’ils ne font pas l’affaire.

Le nouveau gouvernement mène une guerre contre la corruption en donnant une suite aux audits sur la gestion des entreprises et offices d’Etat. Face aux actes déjà posés, lesquels, non seulement agitent l’opinion publique, mais également plongent les milieux mafieux dans la tourmente, les appels invitant le chef de l’Etat à sortir de ses rangs des proches corrompus ne manquent pas. Tous ces mouvements d’eau de surface ne doivent pas faire oublier au Guinéen que sous ces eaux troubles il se passe des choses qu’il ne maîtrise pas.

Dans cette tourmente, les affaires OGP et OGC ont déjà coûté cher à deux partisans du chef de l’Etat. Précédemment Directeur général de OGC, Sékou Camara, membre du bureau politique national du RPG, le parti présidentiel, n’a pas été ménagé par le nouveau Premier Ministre. Paul Moussa Diawara, le précédent Directeur général de OGP, faut-il le rappeler, a été l’un des artisans de la victoire du Professeur Alpha Condé à la présidentielle de 2015 pour avoir battu campagne pour ce dernier à Kissidougou, ville où il est très populaire. Voir de tels soutiens filer droit en prison n’est pas nécessairement bon pour tout régime politique. Cependant, cette odeur a donné, comme beaucoup le souhaitaient, une dose de crédit à la lutte contre la corruption voulue par le nouveau Premier Ministre, Ibrahima Kassory Fofana, en ce sens que l’opinion qui était un peu pessimiste à y voir une action normale, a commencé par revoir son jugement. Les accusations soulevées contre le chef de l’Etat à qui il était reproché de jouer sur le tableau d’un règlement de comptes politiques ou d’intimidation de ses adversaires se révèlent finalement mal fondées et ressemblent bien plus à une sorte de pression pour le désorienter. Mais fidèle à ses principes, les bruits de ces vagues d’attaques ne l’empêcheront plus d’avancer et de fournir les dossiers à la justice, qui à son tour doit jouer sa partition. Il revient à la justice de juger de l’opportunité ou non de poursuivre un présumé auteur de malversations et de détournement de deniers publics. Mais ne nous laissons pas leurrer tel le poisson dans le lac.

Le gouvernement a le devoir de transmettre tous les dossiers aux juridictions compétentes, mais il ne peut se substituer aux juges pour donner une suite à une action judiciaire. Et c’est là où le peuple veut qu’il aille encore plus loin en communiquant tous les dossiers de malversations à la justice sans aucune rétention ou d’économie, sans distinction d’appartenance politique, d’obédience religieuse ou encore d’origine ethnique. S’il est vrai que, très tôt, les premiers clients de la justice dans cette lutte contre la corruption se trouvent être des hommes qui ne soutiennent pas les actions du chef de l’Etat, il n’en demeure pas moins que cela a favorisé la montée d’une certaine opinion défavorable au régime et même aux magistrats, accusés d’être de connivence avec l’Exécutif. Or, quand on y voit de près, les rapports entre les deux Institutions ne sont pas au beau fixe. Ils sont même conflictuels. En cette période, des insinuations les montrant dans une relation de connivence sont mal venues. Les débats accusant de manœuvres politiques les poursuites dans les dossiers de malversations, de prévarication, de pratiques frauduleuses qui touchent de nombreux leaders politiques et syndicaux ne sont guère surprenants. Ils proviennent des personnes qui ne souhaitent pas que les choses bougent et qui préfèrent voir le pays rester l’un des plus corrompus, où l’argent facile règnera en maître. On tente même de prédire un avenir sombre au pays parce que le chef de l’Etat ferme progressivement les nids de la corruption, ou encore on souhaite que ce soit le déluge sous le Nouveau départ, parce que leurs intérêts personnels sont menacés, voire supprimés. La réponse du chef de l’Etat et de son nouveau Premier Ministre face à cet état de chose est de ne pas baisser les bras et de rassurer les Guinéens de sa bonne foi à traiter les fils et filles de ce pays équitablement. Ce n’est qu’à cette condition, qu’on accordera du crédit à ses actions. Soyons fermement vigilants quant à tout ce qui se déroule actuellement, ne chantons pas victoire trop tôt, ceux qui méritent la prison depuis des générations n’y entreront certainement pas. Notre devoir de citoyen est de demander des comptes constamment à ceux qui ont un mandat pour nous représenter ou nous gouverner.

Ousmane Boh Kaba


 

 
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