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Politique: Lettre ouverte à M. Cellou Dalein Diallo, chef de file de l'opposition ("républicaine " ) guinéenne.

1/11/2018

 



Monsieur le chef de file de l'opposition,

Spinoza disait, je cite : " l'indignation est la haine contre le mal fait à autrui. "

Monsieur le chef de file de l'opposition,

Alors, c'est avec une indignation totale que je me permets de vous adresser cette lettre ouverte. En effet, je vous signifie sans détour que j'ai la haine. Oui, j'ai la haine contre votre attitude qui consiste à marchander la vie de nos frères et sœurs pour des accords politiques bidons et qui ne s'inscrivent nullement pas dans l'intérêt général de nos concitoyens.

Monsieur le chef de file de l'opposition,

Le moment est venu pour vous et le peuple de Guinée pour faire le bilan de votre engagement politique et d'en tirer toutes les conséquences qui s'imposent. Donc, rappelons les faits :

A la suite de votre limogeage de vos fonctions de Premier ministre en 2006 par feu général Lansana Conté, vous aviez pris la décision en 2007 de vous engager en politique parce que vous étiez convaincus qu'avec l'expérience administrative et la connaissance de notre pays qui sont les vôtres, vous êtes aptes à gouverner notre pays en menant les réformes nécessaires. Mais, M. le chef de file de l'opposition, je dois vous avouer que même si je ne doute point de vos compétences, je n'ai jamais cru en vous. Les raisons sont simples :

Premièrement, je ne crois pas en un homme et/ou en une femme qui avait travaillé avec feu général Lansana une décennie durant. Parce que j'estime que le général Lansana Conté est l'incarnation du mal guinéen en terme de détournement de deniers publics, de corruption, de clientélisme, de népotisme, d'injustice sociale, de gabegie financière, etc.
Le système Condé est dans la droite ligne, et est dans la continuation et la perpétuation du système Conté dont vous êtes l'un des pionniers. Du coup, croire en un homme et/ou en une femme qui a servi, nourri, et entretenu ce système c'est comme marcher par la tête pour moi !

Monsieur le chef de file de l'opposition,

Rappelez-vous que quand vous aviez décidé de faire la politique, vous n'aviez pratiquement pas de soutien. Mais avec la bénédiction de feu Bâ Mamadou et la coordination Haali Pular, quelques ressortissants du Fouta dont des opérateurs économiques, avaient commencé à croire en vous. Mais malgré tout, bon nombre de nos concitoyens étaient réticents pour vous accompagner.

Entre-temps, général Lansana décède en 2009, et un groupe de militaires s'empara du pouvoir et met en place, une première transition conduit par le capitaine Dadis Camara. Dès leur prise du pouvoir, ces militaires s'engagèrent devant le peuple de Guinée et la Communauté internationale, à assurer une transition d'une année et à organiser une élection démocratique qui favoriserait le transfert du pouvoir à un élu civil.

Etant l'un des principaux et importants acteurs politiques de notre pays, certains de vos adversaires politiques qui voulaient vous voir disqualifiés de la compétition à l'éventuelle élection présidentielle, demandèrent aux acteurs de la transition à ce que les audits soient diligentés contre vous du fait que vous êtes soupçonnés de malversation financière. Avec cet acharnement du pouvoir de transition, un bon nombre de membres du groupe social auquel, vous appartenez, avaient eu le sentiment que le pouvoir voyaient en cet acharnement à votre égard du fait de votre appartenance sociale. Donc, ce sentiment poussa quelques réticents à vous accompagner.

Par ailleurs, quelques temps après, le capitaine Dadis insinua son intention à se présenter à cette éventuelle élection dont il avait la charge d'assurer la transparence et la crédibilité. C'est ainsi que les partis politiques et la société civile d'alors, avaient décidé de manifester le 28 septembre 2009 au stade du 28 septembre (symbole de la souveraineté contre ce revirement du principal leader du CNDD (Conseil national de la démocratie et du développement) en l'occurrence Dadis Camara. Et nous avons encore le souvenir du massacre et des viols perpétrés par les " forces de l'ordre " à cette occasion. Là-aussi, nous vous avions entendu accuser Dadis Camara dans bon nombre de Médias internationaux (RFI, BBC, France 24, etc.) d'être celui qui avait donné l'ordre aux forces de l'ordre de tirer sur les manifestants. Et vous aviez profité de ces occasions pour faire croire que les forces de l'ordre avaient tiré sur les manifestants parce qu'ils seraient Peuls. Et cette stratégie basée sur l'ethnicisme vous a permis de renforcer votre popularité.

Cependant, le capitaine Dadis Camara n'avait pas pu achever la transition à cause de la tentative d'assassinat de son aide de camp sur sa personne. C'est ainsi qu'une deuxième transition a été organisée et conduite par le général Sékouba Konaté. Et celle-ci conduira l'actuel chef de l'Etat au pourvoir en 2010. Comme les Guinéens de bonne foi, savent les conditions dans lesquelles, cette désignation fut orchestrée, donc, je ne vais pas m'attarder là-dessus !

Deuxièmement, je n'ai jamais cru en vous parce que depuis que j'ai commencé à observer avec intérêt la vie politique de notre pays, j'ai retenu que vous n'avez pas changé. Oui, vous n'avez non seulement pas changé de vos habitudes sous Conté. Mais, je comprends pourquoi, vous ne changez pas parce que ce système qui vous a façonné et par conséquent, qui fait de vous ce vous êtes, c'est-à-dire un membre de l'élite guinéenne. Ne dit-on pas que " l'habitude est une seconde nature " ?

Monsieur le chef de file de l'opposition,

J'ai compris que vous n'êtes pas l'homme idéal pour la Guinée et encore moins vos collègues de la classe politique actuelle. Parce que vous ne défendez pas l'intérêt général de nos concitoyens ! Vous faites partie de ce petit groupe d'élite qui ostracise et qui se partage les richesses du pays et au grand dam de nos concitoyens.

Monsieur le chef de file de l'opposition,

Je me permets en tant que citoyen libre de parler des différentes élections que notre pays a connues depuis 2010, c'est-à-dire depuis l'arrivée de M. Alpha Condé. En effet, une grande majorité de nos concitoyens et d'observateurs étrangers savent qu'elles ne sont ni transparentes et encore moins crédibles. Et les causes sont connues, mais à chaque fois, vous tournez à rond avec le pouvoir sans exiger l'essentiel. Vous connaissez l'outil qui avait favorisé à votre challenger qui avait 18% au premier tour de l'élection présidentielle de 2010 à passer devant vous au 2ème tour. Et cet outil s'appelle fichier électoral (fichier informatique qui enregistre les données liées à l'élection), mais malheureusement, c'est ce même ficher a été utilisé pour toutes les échéances électorales (législatives de 2013, Communales et communautaires de 218). Et vous vous étonnez des résultats produits par ce même fichier. En fait, c'est comme si vous mettez une roue crevée sur votre voiture et vous vous étonnez que celle-ci tombe en panne ! Et pourtant, le résultat ne peut pas être autrement. " Les mêmes causes produisent les mêmes effets " !

En plus de tout ça, vous avez choisi de vous associer au pouvoir pour violer la loi en adoptant un " Code électoral " qui privilégie les intérêts égoïstes des deux principales formations politiques de notre pays dans le but de disqualifier les autres partis politiques. Maintenant que vous êtes tombés dans vos propres pièges, vous voulez vous faire passer pour une victime alors que vous ne l'êtes pas si l'on analyse la réalité à partir de sa genèse. Cependant, en tant que légaliste, je vous reconnais votre droit constitutionnel de manifester. Même si vous êtes complices à la violation permanente de la loi au profit des accords politiques, je soutiens également les manifestations " civilisées " dans la mesure où elles permettent de prévenir un pouvoir à la dérive dictatoriale qui se croit tout permis alors que la loi pose des limites à ses actions.

Monsieur le chef de file de l'opposition,

Depuis 2010, bon nombre de nos concitoyens souvent Peuls sont tombés sous les balles des forces de l'ordre et ont perdu leurs biens du fait de leur appartenance politico-ethnique supposée et/ou réelle. Mais je dois avoir le courage de vous dire que vous avez une grande part de responsabilité dans ces situations malheureuses ! Vous êtes responsable parce qu'à chaque fois, vous appelez à manifester et qu'ils tombent sous les balles et/ou qu'ils perdent leurs biens, vous vous retrouvez avec le chef de l'Etat pour prendre des selfies et signer des accords qui ne s'inscrivent que dans vos intérêts pour mieux partager le gâteau. Et quand ces accords ne sont pas respectés par le pouvoir, vous appelez encore à manifester. Et je me demande quels sont les intérêts de ces manifestations pour le peuple de Guinée parce que je suis persuadé que nous sommes dans un cercle vicieux, dans un éternel recommencement ? Mais pendant ce temps, nos concitoyens continuent de mourir et de perdre leurs biens.

Monsieur le chef de file de l'opposition,

Lors de l'enterrement de nos concitoyens au cimetière de Bambéto, le 19 mars 2018, j'ai suivi avec dégoût votre intervention qui avait transformé ce triste moment de deuil en meeting politique. Depuis, ma conviction qui consiste à ne pas vous voir comme l'homme idéal pour la Guinée s'est renforcée . Dans cette intervention, j'ai écouté un homme qui surfe sur l'ethnicisme et un homme qui a perdu ses valeurs morales.
En effet, vous dites que les victimes seront enterrées dans le carré réservé aux victimes des assassinats politiques. Quand j'ai entendu cette parole, j'ai eu mal ! Parce que parler de réservation de carré pour les victimes politiques signifie qu'il y a un calcul derrière ces assassinats. A qui, profite ces crimes odieux ? Sans aucune gêne, je dirais avec force que vous tirez profit de ces assassinats ! Ils vous servent de moyens de pression pour atteindre vos objectifs malsains. Sinon, pourquoi, réserver un carré pour une catégorie de personnes dans un cimetière où tous les groupes sociaux sont enterrés ?

Monsieur le chef de file de l'opposition,

J'ai la haine à votre égard et à l'égard de ce pouvoir qui tue mes frères et sœurs ! Donc, il est temps pour vous d'arrêter de martyriser nos concitoyens pour des intérêts dont ils ne bénéficieront dans leurs tombes. D'ailleurs, même les vivants ne bénéficient pas de vos accords bidons.

Monsieur le chef de file de l'opposition,

Sachez que et vous et le pouvoir, vous répondrez de vos actes devant l'Unique le ROI des rois le jour où il n'y aura de roi que LUI ! Donc, ressaisissez-vous avant l'arrivée de ce jour et tirez les conséquences de vos échecs !

BAH Oumar Rafiou

Citoyen libre

 

 
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