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Tribune: "J’en appelle au sursaut républicain afin de préserver notre démocratie."

 Politique
6/5/2019

  Trop souvent j’ai pris la plume pour calmer la tempête. Parfois aussi j’ai défendu des personnes perdues dans ces mêmes tourmentes et qui, même si elles n’étaient pas de mes amies, partageaient souvent mes convictions ou du moins avaient toute ma considération.
Il y a toujours des temps plus tumultueux que d’autres.
Et pour notre pays la tempête se lève.

Nous sommes à l’orée d’un orage des plus sombres. Et déjà nous voyons rouler et se gonfler ces nuages noirs et chargés.
Mais je ne viens pas pour l’apaiser cette fois-ci. Lorsque je regarde autour de moi, lorsque je vois mon pays et son « élite » je ne peux à mon tour qu’apporter la tempête.
J’ai appelé, tant de fois, la jeunesse à se lever, à prendre son destin en main et embrasser un sursaut républicain.
La jeunesse, la force vive de notre pays ne peut pas faire grand-chose si ses aînées la laissent dans le fossé de l’obscurantisme.
Mes prises de paroles, aussi disparates furent-elles, ont toujours eu comme but de nous précipiter vers le progrès. A mon humble niveau j’ai toujours travaillé sans relâche dans cet espoir.
J’ai accompagné l’opposition dans ce sens en réfutant systématiquement une approche stérile de celle-ci. Une mise en opposition inutile car sans débat, sans proposition.
Mais je reprocherais tout autant à la mouvance présidentielle son approche manichéiste du débat constitutionnelle aux arguments tronqués.
C’est cette stérilité et cette approche qui amenuisent le combat politique et le courage de notre jeunesse.

Oui je le répète nous sommes à l’orée d’une tempête.
Et j’apporte mon souffle maintenant comme l’on apporte un contrefeu. Je ne veux pas de cette tempête qui se lève.
Mais cette ancienne classe politique, dont je ne veux pas faire partie, n’apporte que ce vent mauvais, comme soufflant sur un feu de forêt.
Le moment que nous vivons aujourd’hui est historique. Nous pressentons tous un changement dans notre paysage politique, comme une révolution.
Nous ne sommes pas dans le débat, nous sommes dans le ragot, la rumeur.
Alors soit, complaisons-nous-y, dans cette rumeur, afin d’en faire une actualité.
La Guinée, ou plutôt, une certaine partie de celle-ci, composée des esprits les plus brillants et visionnaires, fourbit ses armes dans l’attente d’une déclaration de notre président. Celui-ci pourrait proposer un amendement à la constitution.

Ces esprits brillants et visionnaires, bien sûr c’est un sarcasme, sont prêt à lever une armée si cette proposition venait à être une réalité, une actualité. Voyez que celle-ci n’a pas dépassé le stade de la rumeur que déjà notre ciel est sombre.
Aucun de ceux-ci, le couteau à la bouche, n’a assez d’intelligence pour lancer un débat. Ils en ont le pouvoir pour la plupart, ces élites dorées qui forment le parterre de l’opposition ou même de la mouvance présidentielle. Car ne nous y trompons pas, ils sont partout.
Hé bien qu’elle vienne cette proposition. Mais que son lit soit fait.

Et que sont lit ne soit pas la tempête mais bien le débat.
J’en appelle moi à ce sursaut républicain qui nous manque afin de préserver notre démocratie. J’en appelle moi à ce débat national afin de donner le droit de réponse et de discussion à toutes et à tous.
Et aucun parmi les caciques ci-et-là ne l’ordonne. Ce devrait être une évidence, une obligation, mais tous préfèrent attiser la haine. Mais lorsque celle-ci se déversera, ils seront tous à l’abri.

Et c’est bien sûr notre jeunesse qui en pâtira, notre jeunesse qui descendra, contrôlée, manipulée, hypnotisée.
Quel genre de chefs politiques sont-ils ceux-là qui ne proposent rien et qui n’œuvrent que pour eux-mêmes. Ceux qui sacrifient à l’autel de leurs ambitions notre force vive et notre avenir ?

Oui ce sont des visionnaires et ce sarcasme est d’autant plus fort qu’il n’a pas de limites, ils sont tantôt à gauche tantôt à droite, sycophantes ou détracteurs. Mais tous se nourrissent de l’image du pouvoir, l’image qu’ils en ont, celle qui corrompt la raison. Car le vrai pouvoir c’est la connaissance. Et il n’est plus temps d’ouvrir les yeux mais d’agir, débattre pour savoir donc comprendre.

Si demain notre président décide d’ajouter un amendement à notre constitution, afin de pouvoir briguer un nouveau mandat, on nous dit que c’est le feu de la tempête qui s’abattra sur notre pays.
Et pourquoi ?
Parce que l’absence de débat à crée une hystérie, une chimère abominable, celle de la silhouette du despote. Il le voit comme le mal suprême.
Vraiment ?
Oui et malheureusement dès que ces visionnaires décrètent que tous les moyens sont bons pour lutter contre ce mal chimérique, leur notion du bien se confond avec ce mal qu’ils cherchent à détruire.
Et ils sont prêts pour ça à laisser le peuple se battre pour eux.
Alors que ce président ne voudrait que la légitimité dans le processus constitutionnel. Il ne prend pas le pouvoir par la force, il ne se sert pas de ses prérogatives à outrance ou pire, des forces militaires comme certains l’ont fait.
Non.



Que notre président brigue un nouveau mandat en usant des moyens qui sont à sa portée c’est une chose.
Qu’il franchisse la vérité des urnes en est une autre.
Mais avant cela il passe par les propositions classiques que notre constitution lui confère, par les moyens légaux que ces écrits, aujourd’hui centre de toutes les attentions, lui accorde.
Et nous crions à la supercherie ? Nous hurlons comme des bêtes au lieu d’instaurer un débat qui en plus de calmer les esprits donneraient une explication vive et salutaire à tous les guinéens et particulièrement à notre jeunesse.
Je ne me réjouis pas forcément de cette perspective d’amendement.
Mais je suis un démocrate, un républicain et personne n’a le droit d’empêcher un président de faire des propositions.
Et personne encore moins caché derrière son bureau, ne peut brandir une menace, faire naître une tempête qui serait autant de blessures à notre jeune République.
J’en veux à tous ces aboyeurs qui ne veulent pas de ce débat, de ce débat que je veux national. Cette discussion à grande échelle afin d’apporter une vision limpide et exhaustive de ce nœud gordien qu’il nous serait si facile de trancher.

Que ces aboyeurs se ressaisissent, il n’est pas encore temps de se repaitre sur la bête. Mais bien de sauver notre république. Car cette tempête est inéluctable si rien n’est fait.
Alors ma Guinée, ma jeunesse que si souvent j’implore et prends à partie, voyez, examinez, réfléchissez ! N’oubliez pas que pour garder un cap il faut suivre les étoiles et non la lumière des bateaux qui passent.
Alors de grâce ne tombez pas dans cette hystérie à suivre les aboyeurs de tous fronts.
Aussi oui je lève moi ma propre tempête, mon souffle et mon courroux afin de chasser celle, nauséabonde, qui se lève. Au lieu de nous défier, parlons et continuons à alimenter cette démocratie par ce que nous avons de meilleur.
Nous même.
Vivre c’est bâtir et surtout à l’échelle d’une nation. Alors ouvrons-nous et parlons car les mots ne bâtissent pas de murs mais les feront toujours tomber.

Ahmed Kourouma
Vice-Président du Parti GRUP

 

 
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