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Politique: L'échevin ixellois Bea Diallo se propose de jouer le rôle de médiateur en Guinée

 Politique
26/7/2020

 

Bea Diallo, échevin PS à Ixelles se déclare prêt à endosser la fonction de médiateur pour résoudre la crise politique en Guinée, son pays d’origine. Dans un message-vidéo posté sur YouTube, il appelle le président actuel et contesté Alpha Condé, l’opposition ainsi que la société civile à se mettre autour de la table pour préparer l’avenir du pays.



"Je suis prêt à me mettre au service des Guinéens, de l’armée, de l’opposition, du président, pour venir discuter entre nous", explique, assis à côté du drapeau guinéen, l’ancien boxeur âgé de 49 ans, dans ce message intitulé "Une médiation nationale s’impose".




Souvenez-vous : le 14 janvier dernier, Bea Diallo laissait entendre publiquement qu’il pourrait se présenter à l’élection présidentielle en Guinée. "Si le peuple me le demande et si le contexte politique le permet, je prendrai mes responsabilités et je serais candidat", avait-il déclaré à La Capitale.



Une annonce recadrée 24 heures plus tard. "Non, il n’est pas officiellement candidat. Mais, oui, il est disponible s’il est appelé par la population à incarner une solution pour sortir le pays et la population de l’impasse politique actuelle", explique alors un communiqué de son équipe locale.




Le ranking de la Guinée s’est amélioré




Les ambitions sont-elles les mêmes aujourd’hui ? En tout cas, dans la vidéo diffusée le 17 juillet, Bea Diallo salue d’abord le travail du président actuel Alpha Condé, en place depuis 10 ans. Un président qui a dû faire face à l’épidémie d’Ebola, celle du coronavirus, à l’opposition… "Malgré tout cela", indique l’Ixellois, le président guinéen a favorisé "l’attractivité de la Guinée", "le logement", "les infrastructures hôtelières", la construction de barrages… La Guinée jouit d’un "regard différent" estime Bea Diallo. "Le ranking de la Guinée s’est amélioré dans plusieurs domaines". Ceci étant, "le chemin est encore long".



Bea Diallo regrette le départ des jeunes "qui bravent la mer pour rejoindre le continent" européen. Rappelons que les Guinéens figurent dans le top 10 des demandeurs d’asile en Belgique.



Bea Diallo, ancien député régional, félicite également l’armée, la police, la gendarmerie, l’opposition, la société civile et sa "mobilisation". Reste que "cela fait plus de 20 ans que je vois des manifestations et des contre-manifestations" avec pour conséquence, "des morts et des blessés qui deviennent des martyrs. In fine, pour quel résultat ?" Le dernier grand rassemblement en date remonte à ce lundi : les manifestants protestaient contre un éventuel troisième mandat d’Alpha Condé. La Constitution a été modifiée en ce sens.



Selon Bea Diallo, ces mobilisations n’auraient permis que l’amélioration des "conditions de certains, en politique". Comprenez : pas celles de la population. D’où cette proposition à Alpha Condé ainsi qu’à l’opposition : "M. le président a dit qu’il voulait être le Mandela de la Guinée. Aujourd’hui, vous pouvez le devenir", dit l’Ixellois en s’adressant au chef de l'Etat. "Je vous demande de mettre en place une médiation nationale avec toutes les Guinéennes et tous les Guinéens, avec l’opposition et la société civile" pour "nous permettre de sortir de cette crise".




Arrêtons de tuer des innocents




Bea Diallo dit ne pas vouloir à ce stade contester l’éventuel troisième mandat d’Alpha Condé. "La seule chose que je demande, c’est que nous arrêtions de tuer des innocents". Il appelle ainsi les différents protagonistes à cesser d’appeler la population à manifester dans la rue et à travailler pour la mise en place d’élections démocratiques. "Contester les modifications de la Constitution, cela ne changera rien. La stratégie actuelle ne fera que tuer des enfants et des innocents."



Il appelle à l’unité de la population comme en 1958 lorsque la Guinée a accédé à son indépendance.




Mon objectif n’est pas de me présenter aux élections mais…




Contacté ce jeudi par la RTBF, Bea Diallo, qui souhaite une "Guinée qui gagne ensemble" précise quant à son éventuel avenir politique en Guinée : "Mon objectif n’est pas de me présenter aux élections. Mais si une médiation nationale s’avère impossible et qu’il y a une volonté de la part de la génération actuelle de me voir jouer un rôle, alors je viendrai. Nous sommes en train de sacrifier notre jeunesse."



Il rappelle que selon lui, le principal mouvement de contestation au pouvoir en place, le FNCD (Front national pour la Défense de la Constitution) a été infiltré par l’opposition politique. "Evidemment, le président joue là-dessus."



Il dit également regretter les divisions entre Peuls et Malinkés, principaux groupes ethniques en Guinée. "Moi, je ne suis pas considéré comme un ethnocentré. Tous les Guinéens se reconnaissent en moi. Je peux être le rassembleur d’un projet commun" au départ d’une médiation nationale.



Une telle aventure n’est pas sans garantie. D’où un appel lancé à la communauté internationale, comme la CEDEAO (Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest), l’Union Africaine, l’Union européenne dont le président du Conseil Charles Michel et Josep Borrell, Haut représentant de l’Union pour les affaires étrangères, la Russie… "S’il doit y avoir élections, il faut également un fichier électoral transparent qui permette à chacun d’avoir sa chance."



Election prévue le 18 octobre



Alpha Condé a validé la date de la prochaine présidentielle au 18 octobre. "Il faut reporter cette date", dit Bea Diallo "et mettre les acteurs autour de la table". S’il est choisi pour mener une mission officielle de médiation en Guinée, Bea Diallo se dit enfin prêt à "assumer cette responsabilité" et à faire un pas de côté par rapport à la politique ixelloise.



"On dit souvent que l’Afrique, c’est l’avenir. Mais ce n’est pas vrai. Nos jeunes sont tués ou alors ils fuient le pays pour espérer rejoindre l’Europe. La Guinée a tout pour les épanouir", ajoute Bea Diallo dont le père est décédé lors de l’épidémie de coronavirus. "Je n’ai pas pu aller le voir. Je suis révolté non pas parce que mon papa est décédé, mais parce que personne n’est capable de me donner un diagnostic correct concernant son décès. Quand un pays consacre moins de 5% de son budget à la santé et bien je comprends pourquoi les médecins sont incapables de poser un vrai diagnostic."



RTBF