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Recensement et récupération des domaines publics : Alpha Condé sent une inertie et exige la poursuite

 Société
14/4/2017

 

Lors du conseil des ministres du 6 avril 2017, le Président Alpha Condé a ordonné la poursuite du recensement et la récupération des terrains et bâtiments publics. A trois ans et quelques mois de son dernier mandat, doit-il avoir confiance à ses ministres et préfets concernés par ce dossier et qui n'agissent pas dans le sens des instructions présidentielles?

L'Etat loue des bureaux pour son administration, c'est scandaleux !

Il y a un an, alors qu’une campagne de déguerpissement relative à l’occupation illégale des espaces publics et des domaines publics venait d'être lancée, l'on s'interrogeait sur la capacité à aller jusqu'au bout des services de Lounceny Camara, ministre guinéen en charge de l’Aménagement. Débutée sur des chapeaux de roue, cette campagne fut stoppée net pour des raisons inconnues.

L'on se souvient qu'à Coyah, alors qu’il inaugurait le lancement des travaux sur le pont Kaka, Alpha Condé avait demandé au préfet d'alors le commandant Abdrahamane Keita, aux sous préfets ainsi qu'aux élus locaux, l'urgente nécessité de lancer un audit pour récupérer les terrains et autres domaines publics détournés. Jusqu'à son départ de la préfecture, le préfet n'a rien entrepris dans le sens de la volonté présidentielle. A Kagbelen dans Dubréka, le Chef de l'Etat exprimera la même volonté mais en vain. Cette inertie surprend plus d'un quand on sait que toutes les instructions présidentielles relatives à ce dossier, durant les quatre dernières années, sont restées lettres mortes.

De sources proches de la présidence, Alpha Condé sent une inertie dans l'aboutissement de ce dossier. Et, le 6 avril dernier, il semble cette fois-ci changer d'approche quand il a décidé lors de ce conseil des ministres de s'adresser directement aux ministres concernés. Là dessus, il faut reconnaître que la volonté politique chez Alpha Condé pour le recensement et la récupération des terrains et bâtiments publics ne manque pas. Peut être que cette fois-ci ses instructions permettront de relancer le dossier. En effet, il faut rappeler qu'une liste avait été publiée après le recensement des bâtiments publics au niveau de la zone spéciale de Conakry, en attendant d'élargir le processus à tout le territoire national. Cependant, depuis la publication de cette liste, rien ne semblait être entrepris par les ministres concernés pour la suite du processus devant aboutir à la récupération de ces biens publics. Donc, rien ne garanti qu'on ne se livre plus à de telles malversations. Le mal continue au niveau d'un Etat qui, parfois, est amené à louer des établissements privés pour en faire des bureaux pour son administration. C'est scandaleux !

A l'intérieur, les élus et les fonctionnaires de l'Etat vendent les terrains publics aux premiers venus

Concernant les terrains publics, aucun recensement ne semble être effectué en tout cas pas un résultat rendu public dans ce sens. Pourtant ce sont des milliers de parcelles appartenant à l'Etat qui continuent à être détournées. Certains de ces terrains, il faut le rappeler, s'obtiennent suite aux lotissements qu'entreprennent les coutumiers partout en Guinée. Selon les spécialistes de l'Habitat, sur chaque dix parcelles loties des coutumiers, trois sont rétrocédées à l'Etat. Ces parcelles obtenues entrent automatiquement dans le portefeuille des domaines publics. Mais depuis plusieurs années, ces terrains publics - appelées ‘’équipements’’ par les spécialistes du ministère guinéen en charge de l'Habitat - qui devaient servir pour la construction des infrastructures socio-éducatives (écoles, églises, marchés, latrines publiques, terrains de sports, mosquées et églises cimetières...) sont en train d’être vendus, s'ils ne sont pas redistribués aux responsables administratifs, politiques et aux élus locaux. Pourtant, selon les informations obtenues au Ministère guinéen en charge de l’Habitat, ces terrains sont sous le contrôle exclusif des directions préfectorales de l’Habitat, des communes rurales, des quartiers, des districts, des secteurs. Présents en amont et en aval du processus de lotissement, ces cadres s'octroient ou vendent ces biens publics au fur et à mesure qu'ils tombent dans le portefeuille de l'Etat. S’il pourrait être difficile de retrouver leurs traces, susceptibles d'être occultées par les services techniques de l’Habitat dans les préfectures, les coutumiers - qui possèdent encore des plans de lotissements - peuvent être un grand atout pour retrouver ces domaines publics détournés.

Ni le littoral ni les montagnes ne sont épargnés par les élus et les commis de l'Etat

A ce niveau, il faut rappeler que vers la fin du régime précédent, à part les hauts gradés de l’Armée qui, par leur influence, s’offraient les flancs du Montagne de Kakoulima ainsi que le littoral à Dubréka, les responsables administratifs et élus locaux en vendaient sans aucune crainte. Les domaines ont été tellement spoliés que leur vente souleva la question de la délimitation entre Dubréka et Coyah, les cadres des deux directions préfectorales ayant pris goût de vendre tout sur leur passage. Dans cette entreprise de spoliation, destructrice même pour l’environnement, ces responsables administratifs et élus locaux n’épargnent ni les flancs de montagnes encore moins les montagnes elles-mêmes. Le spectacle d'envahissement des flancs du mont Kakoulima se passe de commentaires tout comme la vente systématique du mont Gbalan, censé, comme Kakoulima, réguler l’écosystème de toute une région.

Manéah, le siège de la commune rurale et de la sous préfecture touché par les mesures de déguerpissement

Au début de leur campagne, les services techniques du Département en charge de l’Aménagement avaient identifié ce siège ainsi que d'autres constructions. Ce bâtiment a été construit sur la partie sensible du Mont Gbalan sur l'initiative d'Abou Zator Camara, président sortant de la Commune rurale. Contre cette initiative, de nombreuses voix, avant et pendant l’édification du siège, s’étaient élevées en vain pour préserver cette montagne qui règle l'écosystème de la Préfecture. Ainsi, dès après sa construction, savamment orchestrée par l’équipe de la commune rurale, celle-ci a entrepris une vente systématique de cette montagne (sur la photo). A Kooba, (Manéah) le terrain public obtenu suite au lotissement et qui était destiné pour construire un cimetière a été vendu par des élus locaux et les services techniques de la préfecture. Quelques mois après la vente, une habitante de cette localité décèda. Il a fallu transporter son corps sur plus de deux kilométres pour l'enterrer au centre-ville de Manéah. C'est révoltant quand on sait que les responsables concernés se préparent encore pour se porter candidats lors des communales et communautaires en vue.

Il en est ainsi dans toutes les préfectures du pays, où de nouvelles localités loties sont dépourvues de domaines pour l'édification des infrastructures socio-éducatives.

Nous y reviendrons

CAMARA Naby Moussa


 


 
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