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Nanfo Diaby kidnappé par le préfet à Kankan : pourquoi le mutisme du gouvernement ?

 Haute Guinée
12/7/2020

 



Alors que les pauvres populations de Kankan n'ont pas fini de se remettre des violentes manifestations contre les coupures d’électricité, voilà que le préfet Amara Lamine SOUMAH et la ligue préfectorale de Kankan provoquent une tension vive, celle-là religieuse.

Le crime du Maître coranique, rapporte des sites d'informations guinéens, est d'avoir fait prier en langue N’ko, qui traduit l'arabe en dialecte malénké et pour avoir s'exprimer sur les antennes des radios locales.

Invité à la préfecture pour aller s'expliquer suite à cette plainte verbale, le citoyen Nanfo Diaby, n'a pu retourner à son domicile. Car sur ordre du préfet, et en dehors de toute procédure légale en la matière, Nanfo Diaby a été tout de suite kidnappé, puis trimbalé au commissariat central de Kankan. La presse locale rapporte que le préfet Amara Lamine, n'aura même pas laissé le temps au pauvre citoyen de s'expliquer face à la plainte verbale des responsables de la ligue islamique.

Les fidèles musulmans de Kankan ne sont pas faits attendre pour envahir le domicile du nouveau préfet - confronté qu'il est en l'espace de quelques semaines à des crises sociales - réclamant la libération immédiate de leur imam.

A rappeler qu'au-delà de sa fonction d'imam qu'il a perdu depuis l'année dernière, Nanfo Diaby, ne faisait plus ses prières dans les Mosquées publiques guinéennes et ne participait plus aux activités religieuses notamment les baptêmes, les décès, les mariages ect. Ces activités religieuses étant indissociables aux faits sociétaux en Guinée, on est face à un acte qui prive un citoyen de ses droits les plus élémentaires, qui éloignent encore le pauvre de sa communauté religieuse, de la société tout entière, sous l’œil bienveillant du Secrétariat Général en charge des Affaires religieuses.

Le silence du gouvernement, le mutisme qu'il s'impose en la matière ont ils atteint le comble au point de ne pas intervenir rapidement face à un dogmatisme aveugle sur des sujets de société ?

Depuis l'année dernière cette décision prise par les responsables de la ligue islamique préfectorale, communale et régionale de Kankan, intérinée par le Secrétariat général, a été suivie d'effets, qui se révèlent, physiquement et psychologiquement dévastateurs pour le pauvre imam et sa famille.

Le Guinéen, à cause des dogmes, de l'ignorance, de la méconnaissance de cette religion, est autant devenu sadique au point de livrer à la vindicte populaire un autre guinéen dont le crime a été de traduire l'arabe en Malénké quelques versets du Coran ?

En traduisant quelques versets du livre dit ''saint'' l'imam voudrait démocratiser le savoir, la connaissance et les étendre aux plus grand nombre de musulmans guinéen, dont la majorité, qui pratique cette religion, ne sait ni lire en arabe ni interpréter ce livre dit ''saint'' du coran.

L'acte de l'imam aurait du être compris dans le sens des efforts contribuant à améliorer l'accès au Coran d'un plus grand nombre de pratiquants. Ce sont des sujets d'actualités comme tant de problématiques auxquels on ne peut éternellement fuir.

Mais la crainte de prier en Malinké, en Kissi, en Soussou, en Tooma, en Puular pour ne citer que celles-ci, ne réside pas dans le simple fait de traduire. Cette peur réside dans le processus de traduction. En effet, ce processus permet automatiquement d'adapter le ''livre'' dit saint'' à la culture mais aussi à la tradition que véhiculent ces langues nationales africaines de Guinée. Voilà le fond du problème. Et c'est une affaire, vieille de plus de quatorze siècle, qui, en faite, surgit à travers l'acte posé par l'Imam de Kankan.

En effet, dès les cinquième et sixième siècles, avant le début des djihads imposées à l'Afrique, ces questionnements s'étaient bel et bien posés comme problématiques aux promoteurs de cette religion. Pour une religion qu'on voudrait internationale, pourquoi n'a t-on pas fait de telle sorte qu'elle soit universelle sur la base des valeurs traditionnelles communes ? Si cela leur était impossible, pourquoi n'ont-ils pas laissé la possibilité d'adaptation selon les régions, les continents, les cultures et les peuples ? On n'ignorait pas que l'Afrique, ait une âme, des cultures, des traditions, une spiritualité, la première des civilisations. Que les promoteurs, sur ces questionnements, cherchèrent à réfléchir pour trouver une solution avant que la campagne pour l'Afrique subsaharienne ne commence, était tout à fait normal. Mais ce qui n'était pas normal, comme rapporte l'histoire, c'était la solution qui avait été trouvée : la guerre dite ''sainte'' au profit de toute solution concertée, consensuelle et équilibrée. Quatorze siècles après, ces questionnements constituent encore de nos jours des problèmes fondamentaux de cette religion auxquels la Oumma islamique mondiale et locale de Guinée refusent d'affronter cherchant toujours à les classer au compte des dogmes. L'imam, lui, au contraire, les affronte avec une solution.

Sauf qu'il est regrettable de constater que les sanctions infligées à l'imam, brimé, humilié, rappellent les guerres qui furent imposées aux résistants africains, ces campagnes sanglantes et inhumaines, ces massacres, ces crimes contre l'humanité africaine.

Il faut rappeler que c'est humiliant de constater que désormais à la place des Djihadistes du septième et huitième siècles, ce sont des Guinéens, nos propres frères - obnubilés par les dogmes religieux - qui font désormais le sale boulot. Comme ce qui se passe contre l'imam à kankan

Naby Moussa Camara




 

 
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