Après une journée de peine perdue à mobiliser les habitants de Conakry pour une journée ville morte, l’opposition a annoncé dans la soirée du mardi 27 mars qu’elle suspend ses manifestations. Soutenant dans un communiqué que cet arrêt momentané de marches et journées ville morte fait à la demande des chefs de l’Église chrétienne et pour leur respect au culte religieux.
« En raison des appels des chefs de l’Église chrétienne et du respect qu’elle doit au culte religieux, l’Opposition républicaine décide de suspendre les marches pacifiques pendant la période des Pâques. Les manifestations prévues le jeudi 29 mars 2018 dans les communes de Conakry, sont ainsi reportées au jeudi 5 avril 2018 », argumente Cellou Dalein et compagnie.
D’après nos informations, en revanche, avant le mardi 27 mars 2018, date de la décision de l’opposition de suspendre ses manifestations, Monseigneur Vincent Coulibaly, Archevêque de Conakry est allé en personne, voir Cellou Dalein pour lui demander de sursoir à ses manifestations afin que fidèles chrétiens puissent se rendre dans leurs lieux de culte pour les prières du soir.
Les chefs des l’Églises chrétiennes de Conakry, en particulier, venaient de constater qu’en raison des troubles de la circulation liées aux manifestations de l’opposition, beaucoup de fidèles n’étaient pas au rendez-vous lors des prières du soir en ce mois de jeûne et de pénitence pour les chrétiens du monde entier. Ou s’ils étaient au rendez-vous, c’est avec beaucoup de peine.
Malgré cette demande insistante du chef de l’église catholique guinéenne, l’opposition a programmé ses manifestations. Il aura donc fallu l’échec de la journée ville morte du mardi 27 mars pour qu’elle décide de reporter sa marche de ce jeudi 29 mars. Sans annuler celle de ses femmes prévue le 28 mars. Ce qui revient à mettre en cause la sincérité de cette opposition dans sa prise de décision.
Kovana SAOUROMOU
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