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Opinion: Mon «2 Octobre 2018» (Par Ben Daouda Toure)

11/10/2018

  Après plusieurs détours dans les quartiers entre Bambeto et l’autoroute, je suis arrivé sur l’esplanade de Dixinn vers 8h10, ne pensant à rien de particulier, occupé à veiller sur moi-même dans cette foule immense, innombrable qui s’étirait de partout allant vers le stade du 28 Septembre, d’où elle s’étalait dans tous les sens, de Bambeto au pont du 8 Novembre à Cameronn et particulièrement entre la Mairie de Dixinn et Madina. Une foule de plus en plus dense au fur et à mesure qu’on entrait dans la Commune de Dixinn, belle, enthousiaste, et jeune.

Je réussi à passer à travers les mailles de la Sécurité et m’offris les portes d’une tribune peinte en rouge. Après quelques coups d’œil pour me situer, je me rendis compte que la tribune officielle, ma destination souhaitée, était à une bonne centaine de mètres de moi et inaccessible. Alors je me fis une place dans ce gradin rouge et ….
Que la fête commence!

9 h 30….10 h 30 … plus de place dans les gradins ; plus de place du tout !!!
Se hisser les murs de l’enceinte devint un privilège. On voyait des gens perchés sur des poteaux électriques et panneaux publicitaires depuis l’autoroute Fidel Castro vers Madina et aux alentours du stade.

Soudain j’eu peur et me senti seul. Peur malgré la bonne ambiance ; peur de cette foule qui ne cessait de grossir et de chanter. Au tour moi dans le gradin les jeunes se découvrirent …, des Camara, des Bangoura, des Soumah, Diallo, Barry, Sow. Les sanankous ne se faisaient pas cadeaux… constatant les Touré peu nombreux, je choisi la minorité souriante sans jamais décliner mon nom : il y avait une véritable ligue de Keita, Barry et Soumah dans le coin… La diplomatie du sourire fut payante jusqu’au moment où la Sono cracha «MANDJOU DE SALIF KEITA» : les masques tombèrent. En communion et dans l’allégresse, tout le monde devint Touré, malgré les amandes infligées aux Soumah, Barry et aux Keita, Wallahi ! Tant pis pour l’ethnie. Les guinéens étaient là et joyeux.

Ils s’exprimaient dans toutes les langues nationales et chacun se faisait entendre. La Sono bien réglée à la mesure de cette énorme foule bon enfant, n’était pas assourdissante. Grace aux organisateurs, le hasard céda sa place aux applaudissements spontanés qui traversaient le terrain; la pluie qui s’était annoncée un moment, alla se cacher derrière les nuages et l’atmosphère se détendit.

En harmonie avec le bruit, nous chantions, répondions aux slogans et étions attentifs aux noms de nos héros prononcés depuis un podium dressé au beau milieu du terrain ; nous étions disciplinés comme répondant à un mystérieux ordre inaudible ; rien ne fut par hasard. Mystérieux ? Oui ! Sans entamer l’ardeur de la foule ni son enthousiasme, des jeunes filles tombaient en transe par dizaine et par dizaine tout au tour du stade et dans tous les gandins sans créer de panique, même pas la moindre bousculade ; chacun cherchait à apporter son aide aux secourismes, qui méritent toutes les félicitations et encouragements. Des Djinns à ma fête, « Mon 2 Octobre 2018 », étaient jaloux et n’en voulaient qu’aux jeunes filles. Oh mon Dieu qu’elles étaient belles !
Un drone survolait le stade, et de temps en temps stoppait à quelque distance au dessus de nos têtes : la RTG en direct. Ainsi le monde entier pouvait me voir, beau, élégant, élancé, un embonpoint soigneusement entretenu, ma tête aux cheveux argentés était coiffée d’un képi blanc; la foule et moi formaient un seul corps, l’âme au cœur de la Patrie et fiers ; fiers de ce que nous sommes et de ce que nous ressentions : l’indescriptible sentiment d’appartenir à un ensemble assumant son Histoire.

Soudain, un homme auquel je donne 60 ans minimum, déclencha le délire lorsque la Sono s’aventura sur un rythme Salsa « y Soumah, y Camara, Barry, Bangoura Nara, adeh Conde Kamè narra, Toure fa y tara mato, etc. ». Les koniaka ne se laissèrent pas comptés lorsque Bembeya Jazz prit la relève sous les doigts magiques de Sékou Diabaté, avec le légendaire «Diamond Fingers » ; un jeune voisin surexcité m’informa que l’orchestre était de Beyla. Sans blague ! Et ajouta que Bembaya était le plus populaire orchestre de l’Afrique depuis 1958 à jusqu’à nos jours. (Mon informateur était à la recherche de ses 20 ans). Cinq minutes après, tout le stade en effervescence lui répondu sur une musique de Lama Sidibé. Avant mon coup d’œil à sa direction, il s’était déjà créé une piste de dance ; Je conservai mon sourire et profita de cette électricité que seule la foule peut produire.

Alors que l’ambiance me transportait vers le nirvana, une annonce me ramena sur terre : « le Président du Tchad Idriss Deby ! » ; dix autres chefs d’état africains se trouvaient déjà à la tribune des officiels, sous un tonnerre d’applaudissements. Et par intermittence, l’animateur nous extirpait des cris de joie, en évoquant les noms des pères fondateurs du panafricanisme : Kuwamé Nkrumah, Modibo Keita, Nelson Madena, Patrice E Lumumba, Jomo Kenyatta, Gamal Abdel Nasser, Sam Nujoma, Augustino Neto, Samora Marshal, Amilcar Cabral, Julius Nyerere et nos héros Barry Diawando et Barry Ibrahima dit Barry3, mais incontestablement le responsable Suprême de la Révolution, le camarade Ahmed Sékou Toure était la vedette du jour. En eux, nous retrouvâmes notre dénominateur commun: LA REPUBLIQUE DE GUINEE.
La sono revint « Mesdames et Messieurs … le Président de la République ! »

Tout de blanc vêtu, je vis le Président de la République faire son entrée magistrale et le tour du terrain, debout dans une jeep de commandement de l’armée nationale vert olive, sobre, sans cortège, dans ce stade plein à refouler du monde ; droit comme un « I », à ses cotés se tenait son aide de camp. La foule accompagna cette voiture solitaire par un applaudissement mesuré, digne, solennel et sans commentaire.

Le Président finit par rejoindre ses invités à la tribune des officiels.
Après Le ballet Nallet national et une démonstration de danses folkloriques, des artistes entonnèrent l’hymne à la paix ; ensuite les travailleurs de l’administration publique ouvrirent la voie à un défilé militaire monstre qui nous tint en haleine pendant trois heures d‘horloge.

A la fin de ce défilé titanesque, je revins à moi-même : «Comment sortir d’ici ? » ; c’est alors que je commençai à caresser la foule dans le sens des poils, doucement, lentement, « doyidoyi, doyidoyi » dans une longue procession jusqu’au dehors par une autre porte. Le déferlement humain continuait dans tous les sens au point que je marquai une pause pour me trouver une direction. La foule était là, bariolée d’un tricolore, rouge, jaune et vert, encore plus compact, plus dense et comme une vague océanique, on avait l’impression qu’elle ne bougeait pas. Je me mêlai à la marée et la vague me transporta jusqu'à Madina, d’où je m’embarquai dans un de ces nombreux bus mis à disposition par le gouvernement : transport public gratuit sur toute l’étendue du territoire.

Lansanaya barrage !
Une douche, puis je m’assoupi sur le divan. Un coup de fil me tira dans les bras de Morphée : « allo, allo ! »
« Papa tu peux venir nous chercher, nous sommes au stade ? »
«Au stade ? Pourquoi ? »

« Il y a un concert », il était 23 heures passées de douze minutes.
Ainsi « mon 2 Octobre 2018» continuait sans moi ;

Bonne fête!
Ben Daouda Toure
Afralglobal@aol.com

 

 
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