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Corruption africaine jugée à Genève: La femme de confiance d’un milliardaire passe sur le gril au tribunal

 Société
11/1/2021

 

Le procès de Beny Steinmetz, accusé de corruption en Guinée, s’est ouvert lundi. Avec l’interrogatoire d’une professionnelle des sociétés offshore qui ressort laminée de l’affaire.



Sur le papier, Sandra M. dirigeait le centre nerveux d’un empire mondial actif dans les mines, les diamants, le pétrole ou l’immobilier. Cette Belge de 50 ans, aux lunettes bleues et à la voix douce, était une fidèle entre les fidèles de Beny Steinmetz, le milliardaire franco-israélien jugé depuis lundi à Genève pour corruption et faux dans les titres. Dans sa galaxie de sociétés, elle officiait comme secrétaire de luxe, voire femme de paille, chargée de signer des contrats dont elle ne connaissait pas forcément les tenants et aboutissants. Ce qui lui vaut de se retrouver cette semaine sur le banc des accusés, aux côtés de son ancien patron.



Le procès de Beny Steinmetz s’est ouvert lundi, dans le vieux Palais de justice du Bourg-de-Four. Le magnat des mines âgé de 64 ans, au regard clair et au physique sec, est accusé d’avoir obtenu des droits d’exploitation sur le gisement de fer de Simandou, en Guinée, grâce au versement de 8,5 millions de dollars à la quatrième femme de l’ancien président Lansana Conté. Après sept ans de procédure, les débats sont censés faire date dans l’histoire de la lutte anticorruption. Et si l’affaire se retrouve jugée en Suisse, devant le Tribunal correctionnel de Genève, on le doit en bonne partie à Sandra M.





Elle gérait des centaines de sociétés écrans



À 19 ans, la jeune Anversoise travaillait déjà pour la famille Steinmetz. D’abord dans le diamant, puis dans un art très spécial et bien implanté à Genève, la fourniture de services offshore. Sa société Onyx, basée aux ports francs de l’aéroport de Cointrin, administrait entre 200 et 400 sociétés écrans des îles Vierges, du Panama ou de Guernesey. Ces structures permettaient au groupe de Beny Steinmetz de mener ses affaires avec un maximum de discrétion et en payant un minimum d’impôts. La femme de confiance belge s’occupait aussi personnellement de l’appartement genevois de Beny Steinmetz, Quai Wilson, de sa collection d’art et de la mise en location de son yacht, le Meamina.




«Si j’avais lu les accords, je ne serais pas ici aujourd’hui. J’aurais dû faire plus attention mais je ne l’ai pas fait.»




Sandra M., coaccusée et ancienne femme de confiance de Beny Steinmetz


Le problème, pour Sandra M., c’est que sa signature se retrouve sur une série de contrats constitutifs, selon l’accusation, de corruption ou de faux dans les titres. C’est elle qui a vendu la société écran Pentler, qui aurait versé des pots-de-vin en Guinée pour le compte du groupe BSGR de Beny Steinmetz. Selon elle, un cadre de BSGR lui avait demandé de «rendre service» en cédant Pentler à trois intermédiaires travaillant pour le groupe en Afrique. Un autre cadre lui aurait ensuite demandé de céder des actions à Pentler, une opération à 34 millions de francs qui, selon l’accusation, aurait permis de financer la corruption.



«Vous ne vérifiiez rien?»



«C’était un fait accompli», a expliqué Sandra M. lundi face aux questions du tribunal. «Certainement, avec ce que je sais maintenant, j’aurais dû poser beaucoup plus de questions.» Mais à cette époque, la Belge gérait des centaines de sociétés offshore, la majorité pour le compte de BSGR ou de ses satellites. Elle était assaillie de mails et de coups de fil, débordée, et le danger de corruption en Guinée ne lui a pas sauté aux yeux. Cette réponse a le don d’énerver le procureur Yves Bertossa: «Vous étiez administratrice, vous ne vérifiiez rien, ça aurait pu être des terroristes, des trafiquants?» L’accusée exprime des regrets: «Si j’avais lu les accords (signés entre Pentler et BSGR), je ne serais pas ici aujourd’hui. J’aurais dû faire plus attention mais je ne l’ai pas fait.»



À l’époque, Sandra M. gagnait confortablement sa vie en administrant les satellites offshore de BSGR. Son salaire était de 19'000 par mois. Et en 2010, elle a reçu un bonus de 15'000, en récompense du succès des opérations en Guinée. Aujourd’hui, elle gagne difficilement 1000 euros par mois en gérant un parc de jeu pour enfant en Italie, sur la côte Adriatique. C’est la retraite de son mari qui lui permet de subsister. En Suisse, retrouver un travail ou même ouvrir un compte en banque est impossible, depuis que le scandale en Guinée a éclaté et que son nom s’est retrouvé dans la presse. L’affaire l’a aussi atteinte dans sa santé et l’a un temps empêchée de travailler.



Le procès se poursuit cette semaine avec l’audition des autres accusés: Beny Steinmetz et un intermédiaire que BSGR aurait, selon l’accusation, utilisé pour verser des pots-de-vin en Guinée.



Source: Tribune de Génève


 

 
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