 Matam 3/5/2017
L’exercice du métier de journalisme en Guinée relève d’un véritable parcourt du combattant. C’est en tout cas le sentiment partagé largement par des journalistes et défenseurs des droits humains réunis ce 03 Mai 2017 pour une conférence-débat dans la Salle Mohamed Koula Diallo (Maison de la Presse de Guinée) du nom du journaliste abattu l’an dernier par un inconnu au siège de l'union des forces démocratique de Guinée, principal parti de l’opposition guinéenne.
L’accès à l’information publique est la première difficulté des journalistes dans l’exercice de leur métier en Guinée. Et pour cause, nombre d’entre eux n’ont pas de contrat de travail en bonne et due forme avec leur employeur, une des conditions d’obtention de la carte professionnelle de presse au près de la HAC (haute autorité de la communication). Conséquence, ils ne peuvent pas obtenir cette carte qui permet d’être identifié comme journaliste, aux termes de la loi sur la presse.
Selon une étude réalisée par Expertise France en 2015, « 62 % des journalistes guinéens sont salariés mais moins d’un quart dispose d’un contrat de travail en bonne et due forme. Le recours à des emplois non-rémunérés en concerne plus d’un sur quatre. En province, le bénévolat est même le statut dominant dans les rédactions (38 %), à un niveau plus de 2 fois supérieur à celui de la capitale ».
L’autre problème, c’est la pauvreté dans laquelle les journalistes vivent. Selon la même étude effectuée sur le paysage médiatique guinéen, « en termes de salaires (parfois versés irrégulièrement qui plus est), les plus bas sont majoritaires dans le secteur radiophonique : 39,5 % des journalistes y gagnent moins que le Smig (440 000 GNF soit 55 €) tandis que les journalistes gagnent en moyenne davantage dans le secteur de la télévision ».
Il ne faut pas aussi négliger les bavures policières, les intimidations, les violences et les humiliations dont sont victimes les journalistes à longueur de journée.
Au cours de cette table ronde qui avait pour thème : « Échanges et témoignages des journalistes sur les difficultés qu’ils rencontrent dans la pratique de leur métier en Guinée », les facilitateurs Chaïkou Baldé, président Alliances des Médias pour les Droits Humains et Souleymane Diallo, Administrateur Général du Groupe Lynx ont toutefois invité la jeune génération de journalistes à se battre contre tous les préjugés qui font que le journalisme est aujourd’hui très mal perçu par le public.
Kovana SAOUROMOU
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