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Grande Interview de Dr Ousmane Sylla

« Il faut que la communauté internationale décide d’annuler les dettes des pays touchés par Ebola »

12/3/2015

 

Dans cette grande interview réalisée, lundi 9 mars 2015, Dr Ousmane Sylla, ambassadeur de la Guinée à Bruxelles, l’un des artisans à l’origine de la conférence internationale de haut niveau du 3 mars 2015, reviens sur les succès de cette rencontre qui a mobilisé la communauté internationale autour de l’épidémie à virus Ebola. Il parle également des grands succès de diplomatie de développement voulu par le chef de l’Etat depuis 2010.



www.lexpressguinee.com: Dr Ousmane Sylla, ambassadeur de Guinée à Bruxelles, on vient de sortir de la conférence internationale de haut niveau sur l’épidémie à virus Ebola. Même si est difficile de tirer un bilan définitif, réussir à mobiliser la communauté internationale autour de cette maladie est en soit un grand succès...



Dr Ousmane Sylla : Merci pour l’opportunité que vous m’offrez. Cette conférence de très haut niveau qui s’est tenue à Bruxelles, le mardi 3 mars 2015, a été un grand succès. D’abord parce que vraiment elle a lieu. Ce qui n’était pas évidement au début. Depuis août 2014, je me bats pour que cette conférence se tienne, en compagnie de mes collègues de la Sierre Leone et du Liberia. Vous vous rappelez qu’on a tenu en octobre 2014 le symposium sur Ebola lors duquel on a demandé la tenue de cette conférence internationale, il y a eu une résolution. Ensuite, il y eu au mois de novembre l’assemblée parlementaire paritaire entre les pays ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifiques) et l’Union européenne à Strasbourg. Là aussi, tous les députés qui étaient réunis à Strasbourg ont tenu à ce que cette conférence ait lieu sur Ebola. Ensuite quand nous sommes partis à Conakry, au mois de décembre 2015, avec M Mimica, nouveau commissaire de l’Union Européenne au développement, pour signer le 11ème FED, Monsieur le Président de la République, son excellence le Pr. Alpha Condé, a impérativement demandé à M. Mimica la tenue de cette conférence. Ça été l’élément déclencheur et au mois de décembre, l’Union européenne m’a appelé pour m’informer que nous avons eu gain de cause, que la conférence aura lieu le mardi 3 mars 2015 à Bruxelles. Donc, le fait qu’il y ait cette conférence, est un grand succès. Deuxièmement, nous remercions ici l’Union européenne, l’Organisation des Nations Unies qui étaient les coorganisateurs de cette conférence qui a réuni 450 personnes, avec les chefs de l’Etat de Guinée, Sierra Leone, du Liberia, du Congo, le Premier Ministre du Togo et tous les ministres de la santé et des affaires étrangères de l’union européenne, les ministres de la santé et des affaires étrangères des 16 pays de la CEDEAO. Elle a été un très grand succès, parce que cette conférence a permis au trois pays touchés par l’épidémie à virus Ebola d’exposer leur plan de développement après Ebola. C’était le thème de la conférence. Qu’est-ce que nos économies vont devenir après Ebola ? Qu’est-ce qu’il faut faire pour relancer nos économies après Ebola ? Et c’est ce thème que la Guinée avait choisi et ça été adopté à la conférence. Donc au nom de la Mano River Union, qui regroupe la Guinée, le Liberia, la côte d’Ivoire et la Sierra Leone, Madame Ellen Sirleaf Johnson a exposé au nom de ses pays un plan de développement global. Mais chaque pays a eu le temps, dans l’après midi, d’exposer par son chef de l’Etat, son plan de développement d’après Ebola. Nous savons maintenant le diagnostique de ce que Ebola a fait à nos différentes économies. Ayant posé le diagnostique, nous savons quel remède il faut. Quels sont les déférents secteurs qu’il faut soutenir pour le relance de l’économie. Ayant posé ce diagnostique et ces différents plans, la suite se tiendra à Washington. Nous avons des projets concerts que nous allons soumettre, du 17 et 19 avril 2015, à la Banque Mondiale et au Fonds Monétaire International durant leurs réunions de printemps. C’est là qu’il y aura la vraie réunion des bailleurs de fonds pour faire l’appel à des participations financières effectives et substantielles pour aider à réaliser ces différents projets. Voilà donc le succès de Bruxelles. Si vous voulez, Bruxelles a été un soubassement. Bruxelles a fait le diagnostique. Bruxelles a posé les jalons, en identifiant ce qui ne va pas dans l’économie, qu’est-ce qu’il faut faire à court, moins et long terme. Et à Washington, on va poser les actes concrets concernant le financement des projets retenus à Bruxelles. Il y aura une autre conférence organisée au mois de mais 2015 à l’ONU qui va dans le même sens. Enfin, le dernière réunion sur ce thème ‘’Développement après Ebola’’ l’Union Africaine a décidé de tenir cette conférence les 21 et 22 juillet 2015 à Malabo.



On constate que la conférence s’est achevée sur un franc succès diplomatique pour la Guinée, aujourd’hui qu’est-ce que les lecteurs peuvent retenir en terme de bilan ?



D’abord c’est un succès diplomatique pour la Guinée, naturellement en tête Monsieur le Président de la République, le Pr. Alpha Condé, qui comme je l’ai dit a insisté au mois de décembre auprès du commissaire au développement de l’Union européenne pour que la conférence ait lieu. Deuxième le grand succès de cette conférence, il faut que nous retournions à Conakry, pour le mois de février 2015, sur l’initiative du Président Alpha Condé qui s’était déplacé à Monrovia, à Freetown pour leur dire qu’il y aura la conférence de Bruxelles en mars. Et il a invité les présidents de Sierra Leone, du Liberia et de la Côte d’Ivoire pour tenir un sommet extraordinaire à Conakry pour préparer la conférence de Bruxelles. Donc grâce à Bruxelles, il y a eu cette conférence de Mano River Union de Conakry. Où pour la première fois depuis que Ebola a éclatée, les trois chefs d’Etat se retrouvent avec leurs ministres et tous leurs staffs, pour ne discuter de cette maladie. Cette rencontre de Conakry a été aussi un grand succès, parce qu’elle a permis d’harmoniser nos différents projets de développement à présenter à Bruxelles. S’il n’y avait pas eu le sommet de Conakry, on serait venu à rang dispersé à Bruxelles, et ça n’aurait pas marché. Mais ayant tenu ce sommet sur l’initiative du Président Alpha Condé à Conakry, les trois chefs d’Etat ont exposé leurs plans de développement, les ministres et les cadres ont travaillé trois jours. Moi-même, j’ai eu l’honneur d’être invité à participer à ce sommet de Conakry. Donc j’ai participé à toutes les séances du sommet de Conakry pour dire ce que Bruxelles attend de Mano River Union. A Conakry aussi, on m’a chargé de venir dire à Bruxelles ce que nous attendons de Bruxelles. J’ai servi de courroie transmission entre la conférence de Bruxelles et le sommet de Mano River Union. Donc, après que j’ai fait un rapport à Conakry sur ce que Bruxelles est entrain de préparer, nous avons réajusté nos plans de développement, et là vraiment il faut remercier les cadres, les membres du gouvernement guinéen qui ont travaillé d’arrache pieds, mais également leurs collègues du Liberia et de la Siera Leone, avec le secrétariat exécutif de la Mano River Union, présidé par une guinéenne Hadja Saran Daraba, très dynamique et très engagée. C’est elle qui a cordonné tout à Conakry de telle sorte qu’on est venu à Bruxelles avec des dossiers très bien élaborés, complets et cordonnés. Parce que les trois Etats se sont bien consultés. Et il a été décidé à Conakry que régulièrement maintenant les chefs d’Etat vont se rencontrer pour toujours voir, à partir du sommet de Conakry, qu’est-ce qui a été fait ? Donc là c’est un bilan positif pour Conakry et pour Bruxelles. Deuxièmement, il y a des engagements qui ont été pris, d’abord théoriquement de 5 milliards de dollars US à injecter dans nos différentes économies dans le cours, moyen et long terme. Mais tous les chiffres seront concrétisés à Washington. Déjà ce chiffre de 5 milliards a été lancé à Bruxelles, et c’est une très bonne chose. Le succès de Bruxelles, ce n’est pas seulement les chiffres et l’aide. C’est qu’avec la grande conférence de presse à laquelle vous avez pu assister, Ebola est de nouveau revenu sur la scène médiatique. Perce qu’Ebola tendait à disparaître de la scène médiatique. C’est qu’on parle beaucoup maintenant du terrorisme, de l’Etat islamique, de l’Ukraine, de l’Irak, de la Syrie, de Boko Haram, de crise économique de la Grèce… Mais on parlait peu d’Ebola. J’ai donc dit à l’Union Européenne qu’un deuxième thème fondamental de la conférence de Bruxelles est de relancer Ebola dans le cadre des médias internationaux, pour que ces médias n’oublient pas Ebola. Nous avons gagné des étapes, mais nous n’avons pas encore gagné la guerre contre Ebola. Avec cette conférence internationale et le battage médiatique qui a suivi, la communauté internationale est consciente de nouveau qu’Ebola n’est pas fini, qu’il faut continuer la lutte et qu’il ne faut pas baisser les bras. Donc les résultats commencent à être très encourageants dans les trois pays. Les Libériens ont annoncé qu’ils n’ont plus de malades dans les centres de traitement. La Guinée a encore quelques rares cas qui se déclarent par-ci et par-là. Globalement l’épidémie tend vraiment à disparaître dans les trois pays. Mais il ne faut pas baisser les bras. Parce que le virus, avec les mouvements des populations, peut réapparaître là où on s’attend pas lui. Les trois chefs d’Etat l’ont d’ailleurs souligné à Bruxelles, il faut que la vigilance continue. Continuons la lutte, mais il y a de l’espoir maintenant que sous peu Ebola va disparaître.



Justement, dans la salle de conférence, on a entendu parler d’un plan régional et des plans nationaux pour chaque pays. Vous pouvez revenir sur ces différents plans à l’attention des nos lecteurs ?



Le plan national guinéen, c’est le Ministre d’Etat chargé de l’économie et des finances, Mohalmed Diaré qui l’a présenté et qui touche tous les secteurs. Aussi bien la santé, parce que c’est d’abord la primauté. Il faut refaire nos structures de santé, former nos médecins et infirmières qui ne connaissaient pas Ebola. Pour les projets du secteur de la santé, l’une des idées de Monsieur le Président de la République, le Pr. Alpha Condé, est de créer dans chaque préfecture un hôpital. Ça c’est concret. Former les médecins, les infirmières et renforcer l’hygiène publique qui constitue la base pour éviter les épidémies. Aussi le ministre d’Etat Diaré a développé le plan concernant les infrastructures, l’eau et l’électricité, les routes… Ensuite il y a l’éducation. Car sans éducation, on ne peut pas lutter contre Ebola. Il y a aussi le secteur de l’agriculture. Perce qu’Ebola a touché tous les secteurs économiques de pays. Il a fait reculer tous investissements dans tous les domaines en Guinée. Donc il faut relancer l’agriculture, voir quelle sorte d’engrais on peut donner aux paysans, encourager les paysans à revenir dans les champs. Il faut aussi relancer le tourisme et le secteur minier. Beaucoup d’investisseurs miniers s’étaient retirés en attendant que la fièvre finisse. Il faut rétablir la confiance. Car il est très facile de casser la confiance, mais très difficile de la rétablir. En gros, le plan national de relance de l’économie touche tous les secteurs. Je pense que l’appel lancer de Bruxelles est une occasion unique pour encourager les investisseurs à repartir. Au plan régional, il s’agissait de voir qu’est-ce que on peut faire en commun ? Il y a Hadja Saran Daraba, qui dirige la Mano River Union, qui a un projet concret par exemple : c’est la création de Air Mano, une compagnie de transport aérienne régionale. Si Air Mano existait, comme elle l’a si bien dit, on n’aurait pas de problème. Même si les autres compagnies décident de ne plus voler vers nos pays, mais notre compagnie régionale aurait desservi les trois pays. Donc il faut créer Air Mano, c’est un projet concret pour les trois pays. Ensuite il faut voir comment harmoniser les infrastructures routières pour les trois pays. Voir comment interconnecté l’électricité et faire un pool énergique pour les trois pays. Il y a beaucoup de projets régionaux qui ont été développés par le secrétariat de Mano River Union et qui ont été endossés par les chefs d’Etat. Voilà entre autres des projets régionaux qui vont être présentés à Washington pour chercher les financements. Mais à court terme d’abord, il faut qu’il ait Ebola zéro, c’est l’urgence. Maintenant à moyen terme, c’est permettre aux différents secteurs d’avoir les soubassements pour se relever. A long terme, c’est atteindre ce que le Président Alpha Condé a toujours souhaité pour notre pays, c’est-à-dire un pays émergent dans les cinq ou dix ans à venir s’il plaît à Dieu.



Nous avons aussi entendu parler du plan Marshall. Qu’est-ce à dire ?



Le nom du plan Marshall vient du fait qu’après la 2ème guerre mondiale, l’Allemagne était à terre, avec les destructions de toutes ses infrastructures. Mais sachant qu’en Allemagne, il y avait le soubassement humain, des bons cadres, mais aussi des bases d’infrastructures, les américains ont décidé d’apporter une aide massive. Pas seulement à l’Allemagne, mais à toute l’Europe, pour permettre aux économies européennes de se relever après les destructions massives de la 2ème guerre mondiale. Du nom de son coauteur, M. Marshall, il a été décidé à Washington de développer un plan d’investissements énormes surtout dans les secteurs d’infrastructures pour aider ces économies à se relever. Le problème d’annulation de la dette aussi a été réglé. Donc nos trois chefs d’Etat ont posé ce problème à Bruxelles pour demander la même aide pour les trois pays touchés par Ebola. Parce qu’Ebola, c’est comme la guerre. Il a tué plus de 9000 personnes, et 20 ou 30 milles autres atteintes. Donc nous sortons pratiquement d’une guerre, comme quand l’Allemagne et l’Europe sont sorties de la 2ème guerre mondiale. Donc nous sortons de notre guerre contre Ebola. Il faut dans ce cade un plan Marshall élaboré aussi bien par l’Union Européenne, la Banque Mondiale, des Etats-Unis, et tous les autres partenaires au développement. Le diagnostique des trois pays ayant été connu, nos besoins sont connus, c’est de lancer maintenant un vaste plan d’investissements, des milliards de dollars qu’on va injecter dans les économies des trois pays pour leur permettre de se relever. Un des points importants de ce plan Marshall est l’annulation de la dette. Les trois chefs d’Etat ont insisté sur ce point. Il faut que la communauté internationale décide unanimement d’annuler toutes les dettes de la Guinée, de la Sierra Leone et du Liberia. Cela va nous permettre de ne plus avoir à servir le service de la dette, mais faire face à l’agriculture, à la santé, à l’éducation, à l’hygiène, aux routes, l’eau et l’électricité. Voilà à peu près l’idée du plan Marshall émise à Bruxelles.



La visite du chef de l’Etat Guinéen a été marqué par des grandioses manifestations de soutien des Guinéens. D’abord en face du Palais de justice de Bruxelles ensuite devant son hôtel de Métropole, non loin de la place Débroukère, pour exprimer leur soutien au programme dont le chef de l’Etat est venu défendre. Quel est votre sentiment par rapport à ces manifestations ?



Je dois ici remercier, sincèrement, toute la communauté guinéenne de Belgique, des Pays-Bas, du Luxembourg et de la France d’ailleurs. Parce que des jeunes, des femmes et des hommes se sont déplacés. Il y a même certains de nos compatriotes qui ont été victimes d’accident de la route en venant de la Hayes pour Bruxelles. Je salue ici pour leurs propres rétablissements. Ils venaient tous pour soutenir les actions du chef de l’Etat. Un chef de l’Etat qui a mené un tel combat pendant plus d’un an contre cette fièvre Ebola. Parce que son excellence le Pr. Alpha Condé est vraiment le premier soldat au front et il a réussi. Si celui-ci décide de venir défendre tout le peuple de Guinée, venir devant la communauté internationale, exposer les problèmes du pays face à l’épidémie à virus Ebola, pas seulement pour la Guinée, mais aussi Liberia et la Serra Leone, je pense qu’il était normal que le minimum qu’on pouvait faire pour lui rendre hommage et lui dire merci, était de se mobiliser. Donc il y a une foule immense qui est venue d’abord au Palais de justice, accompagnée des compatriotes togolais, pour rendre hommage aux quatre chefs de l’Etat. Mais aussi devant son hôtel le Métropole dans une ambiance joyeuse, tous habillés en tee-shirt, pour lui exprimer leur soutien. Sans insultes, ni haine, ils ont rendu hommage à l’action du Président Alpha Condé, dans sa lutte contre la fièvre Ebola. Nous sommes contents que cette mobilisation ait eu lieu, et je remercie toutes les bonnes volontés, venues de Paris et d’ailleurs, qui ont soutenu d’une manière ou d’une autre pour que cette action réussisse. Nous déplorons qu’un petit groupe ayant voulu perturber cette visite. Mais ce petit groupe, un petit noyau d’un parti politique de l’opposition, n’a pas pu perturber la visite du président. Car au sein même de ce parti politique de l’opposition beaucoup ont dit qu’ils sont contre toute manifestation pour perturber la visite d’un président qui vient pour un but humanitaire. Et qu’il fallait que tous les Guinéens se donnent la main et le soutiennent dans ce but humanitaire. Donc au sein même de ce parti de l’opposition, qui est l’UFDG, il y avait des dissensions. Nous sommes heureux que la visite se soit très bien déroulée. Le président Alpha Condé a brillé par ses discours durant le sommet. Ça été un franc succès. C’est l’Union européenne qui nous l’a dit après. Cette conférence, il faut le dire, a été préparée en moins d’un mois. Le sommet Union Européenne-Afrique qui s’est tenu en avril 2014 a été préparé pendant un an. Et dire que ce sommet sur Ebola a été un grand succès, là nous sommes très fiers, et nous disons un grand merci à son excellence le Pr. Alpha Condé, Président de la République et à toute sa délégation. Cette délégation qui a bien préparé les dossiers, et toutes nos présentations ont été brillamment accueillies, surtout par les représentants de la Banque Mondiale qui m’ont abordé pour me dire que la Guinée a présenté une excellente image durant cette conférence. Donc l’appel que je lance à nos compatriotes aussi bien de l’extérieur que de l’intérieur, est que dans la lutte contre Ebola, nous devons oublier nos différences, oublions les partis politiques. Parce qu’Ebola ne connaît ni UFDG, ni RPG, ni UFR, ni moyenne Guinée, Basse Guinée, Haute Guinée, ou encore la Guinée forestière. Ebola est une maladie qui a touché tous les Guinéens. Il a tué des milliers de nos compatriotes. Ebola est un mal national. Comme dans les autres pays quand il y a une tragédie nationale, tous les fils du pays s’unissent derrière le chef de l’Etat pour combattre cette tragédie. Donc continuons à soutenir le chef de l’Etat et le gouvernement dans ce combat, et comme on le voit, si nous nous donnons la main nous allons réussir, et l’avenir de la Guinée sera radieux après Ebola.



Dernière question Dr Ousmane Sylla, depuis le sommet Union Africaine- Union Europe, en passant par la 100ème session des ACP jusqu’à cette conférence internationale sur Ebola, à vous voir à l’œuvre parmi les représentants des institutions internationales, toujours à l’aise. Aujourd’hui, force est de constater que le premier succès du régime d’Alpha condé est sa diplomatie dont êtes un des artisans. Quel est votre secret avec cette facilité de contacts dans le travail, et tout se passe très bien ?



Je l’ai dis aux guinéens. J’ai eu la chance d’avoir vécu 25 ans en Allemagne fédérale avant l’unification. J’ai fais toute ma vie à Munich et à Cologne. Pourquoi l’Allemagne est la première puissance en Europe ? C’est tr ès simple, c’est que l’allemand travaille, il est discipliné et organisé, c’est tout. J’ai trois qualités : travail organisation et discipline. La diplomatie guinéenne avait disparue. Depuis que son excellence le Président Alpha Condé avec le ministre François Lounceny Fall, qui connaît très bien les Affaires étrangères, on a aujourd’hui de grands succès dans le cadre de la diplomatie de développement. Les ambassades ont reçu du chef de l’Etat une mission essentiellement économique. Oublions la politique d’abord, consacrons au développement économique. Les ambassadeurs doivent se comporter comme des grands bureaux d’études, ils doivent décrocher des projets, trouver des investisseurs, les envoyer dans notre pays et développer eux-mêmes des actions de développement. Et c’est cette mission que je suis entrain d’effectuer à Bruxelles. Depuis mon arrivée ici j’ai trouvé une équipe très solidaire, dévouée. Nous avons d’abord débloqué le 10ème FED (Fonds Européens de Développement) qui n’était pas acquis avec 234 millions d’euros. Ensuite nous reçu à débloqué le 11ème FED avec 250 millions d’euro. Nous avons fait le symposium sur Ebola, nous avons aussi fait cette grande conférence au sommet sur Ebola le 3 mars dernier, nous avons réussi à débloquer beaucoup d’aides pour la Guinée. Le bateau qui est parti à Conakry qui a débarqué des équipements, des véhicules aussi bien à Conakry qu’à Freetown et Monrovia, c’est notre action avec les ambassades de ces deux autres et nous travaillons comme des jumeaux. Nous avons été au Luxembourg, en Hollande et à Bruxelles ici. C’est nous qui avons demandé au gouvernement Belge d’envoyer l’équipe de B-Fast composée de dix personnes, avec un laboratoire à N’zérékoré, qui ont soigné beaucoup de gens. Le bilan est extrêmement positif. Je ne veux pas dire qui c’est ici seulement à Bruxelles. Tous les autres ambassadeurs font le même travail. Vous voyez ce que l’ambassadeur Amara Camara fait à Paris, dans le cadre de cette lutte contre Ebola. C’est de même à New York à Washington, à Genève à Moscou…Chaque ambassadeur est conscient qu’on a un danger national, il faut retrousser les manches et travailler. Je dois vraiment féliciter la diplomatie guinéenne qui a réussi de grands succès. Ceux qui arrivent à Conakry, que soit l’OMS, la BM, l’UE, les Etats-Unis…il ne faut pas qu’on oublie que c’est le travail de nos diplomates qui ont réussi cela et qui travaillent d’arrache pieds à l’extérieur pour convaincre nos partenaires à venir nous aider. Et je lève le chapeau à tous les ambassadeurs guinéens par rapport à tout ce qui a été fait, un excellent travail surtout depuis 2013. Il n’y a pas de secrets. C’est aller négocier et maîtriser les stratégies de négociation, c’est extrêmement important. J’ai eu la chance de passer sept ans dans une des plus grandes sociétés allemandes, SIEMENS, qui est dans le secteur de l’électronique. J’ai eu ma formation là-bas, on a eu à diriger et à gérer beaucoup de projets. Des projets très difficiles où il fallait négocier. Il faut se former aux techniques de négociations. C’est très important. C’est l’une des faiblesses, peut-être de notre administration. Mais déjà, il y a des formations dans ce sens. Quand vous avez un partenaire devant vous, vous avez besoin de lui. Sans perdre votre dignité, ni vos intérêts, comment faire pour négocier avec lui et avoir un compromis ? Je vous donne un exemple, quand j’ai été voir au mois d’août, j’ai eu la brillante idée de proposer la conférence de haut niveau sur Ebola. Parce qu’avant il y a eu la conférence sur le Mali, sur le terrorisme où il y a eu beaucoup de fonds récoltés. L’union Européenne m’a dit M. Sylla Ebola se trouve dans les mains de l’ONU qui a décidé de s’en occuper. Donc toutes les conférences se tiennent à New York et avec l’OMS à Genève. Pourquoi nous nous devons encore faire quelque chose ? J’ai dit que l’Union européenne a une autre crédulité que l’ONU qui est très politique. Je les ai encore fait comprendre que l’UE à des choses concrètes et puis Bruxelles c’est vraiment la capitale de l’Europe mais pour moi c’est la capitale du monde. Donc il faut nous faut une conférence. Ils m’ont non çà va être difficile. Mais j’ai négocié pendant des mois et à après l’intervention de Monsieur le président de la république à Conakry au mois de décembre avec le commissaire au développement, çà déclenché et ils ont dit que la Guinée y tient et Dieu merci la conférence a eu lieu et çà été un grand succès. Il faut rendre un hommage aux diplomates guinéens. Un ambassadeur ne doit plus être jugé sur les rapports qu’on écrit sur lui ou contre lui. Il faut juger les ambassadeurs sur les actions concrètes et les projets qu’ils amènent au pays, combien de millions ils ont fait rentrer au pays, qu’est qu’ils ont fait durant leur mandat. C’est là le vrai jugement : la lettre de mission. Il faut qu’on apprenne à remplir nos lettres de mission. C’est mon ambition et Dieu merci on arrive à avoir de très bons résultats à Bruxelles.



Réalisée par Sacko Mamadou et Camara Naby Moussa




 

 
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