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Mamadou FOFANA Vs Seinkoun KABA

« Depuis que j’ai prêté serment, j’ai cessé d’être un militant de l’UFR. », Abdourahamane Telli Touré

31/3/2014

 

Exclu de l’UFR qui l’accuse de militer au RPG, le 27 mars dernier, M. Abdourahamane Telli Touré, membre fondateur et initiateur de l’installation du parti à Kaloum, est sorti du bois. Dans cette interview exclusive accordée à www.lexpressguinee.com, le Directeur du département de la logistique de la Commission Electorale Nationale Indépendante, parle de son exclusion qu’il qualifie d’injuste, avant de revenir sur ses 14 années de militantisme à l’UFR. Pour l’homme la page de l’UFR est définitivement tournée. Exclusif



www.lexpressguinee.com: M. Abdourahamane Telly Touré, vous avez été exclu de l’UFR par le Bureau Exécutif National du parti, qui vous accuse de militer au RPG, quelle est votre réaction ?M. Abdourahamane Telly Touré : C’est une décision injuste. Mais je la comprends. Il faut savoir qu’il y a un groupe d’extrémistes à l’UFR qui s’agitent, et qui est entrain de régler des comptes comme ça se passe dans tous les partis politiques. Deuxièmement, ça c’est le côté essentiel de mon intervention, je me considère comme commissaire de la République, choisi par l’UFR, nommé par Monsieur le Président de la République par décret. Et depuis que j’ai prêté serment, j’ai cessé d’être un militant de l’UFR. Le serment le dit, et la loi sur la CENI aussi le précise en son article 18, qui stipule en substance que si dans l’exercice de vos fonctions, vous exécutez une quelconque instruction, venant d’une quelconque institution extérieure à la CENI, vous êtes passible d’une condamnation devant les tribunaux. A la différence de l’ancienne CENI qui avait prêté serment à la Cour d’Appel, la nouvelle CENI a prêté serment devant le Premier Président de la Cour Suprême pour donner une solennité à la cérémonie. A partir de ce moment, entant que commissaire, on n’a plus le droit de donner des informations en dehors de la CENI, même concernant les débats en plénière, mais on ne doit surtout pas recevoir des instructions en vue de les appliquer à l’intérieur. Notre règlement intérieur dit que quand il n’y a pas unanimité sur un sujet, on procède au vote à la majorité simple. Le RPG-Arc-En-Ciel a 10 représentants, et naturellement il y a 2 autres représentants de l’administration qui votent automatiquement pour le RPG. Même si on s’arrêtait là, à 12 ils deviennent majoritaires par rapport aux 10 membres de l’opposition. Mais qu’est-ce que vous voulez qu’on dise ? Alors nous sommes allés d’accusations en accusations, de frustrations en frustrations. Cette affaire couvait depuis plus d’un an maintenant. Mais il se trouve que j’entretiens des relations privilégiées avec Sidya Touré, président du parti. Alors cela n’a pas plu à un groupe donné à l’UFR. Je l’ai dis, même hier (Ndlr: vendredi 28 mars), j’ai fait un constat extraordinaire, le secrétaire général du parti Bakary Goyo Zoumaningui, c’est moi qui l’ai informé de mon exclusion ! Il m’a appelé à 8 heures et demie pour dire : « J’ai fermé le siège du parti, qu’est-ce qui se passe ? » J’ai dit mais général, tu ne suis pas l’actualité ? Il m’a dit « Quelle actualité ? » J’ai rétorqué en lui disant : « mais vous m’avez exclu non ? » Il m’a dit « Mais exclu de quoi ? » Je dis, « Tu n’a pas vu le communiqué sur le net ? » Entre temps, la radio Espace m’a appelé pour me dire que Zoumaningui devrait intervenir et moi-même sur leurs antennes. Alors, Zoumaningui a dû s’informer. Il intervient sur la radio en disant qu’on m’accuse de travailler pour le pouvoir depuis avant l’élection de 2010. J’ai dis que c’est grave pour le parti de Sidya Touré de dire ça. J’ai répondu qu’avant 2010, les commissaires qui étaient à la CENI, qui sont dans cette nouvelle CENI ou qui n’ont pas eu la chance d’être reconduits, s’ils pouvaient parler ! Le président de la CENI d’alors, Lousseny Camara, s’il pouvait parler ! Ou le général malien Toumany Sangaré, s’il pouvait parler ! Ces gens-là auraient dits beaucoup de choses. Mais moi je sais que Dieu est grand, je sais que Dieu existe, qu’Il est présent, qu’Il voit tout. Et qu’Il juge chacun en fonction de ce qu’il fait.



Donc, si vous parlez de groupe d’extrémistes, doit-on conclure que les instances supérieures compétentes du parti n’ont pas siégé pour prendre une telle décision ?



Mais si le secrétaire général dit qu’il n’est pas au courant, ça veut dire quoi ? Le secrétaire général est le vice-président du parti. On m’a même fait comprendre la nuit de la prise de cette décision, que Sidya Touré n’était pas au courant ! Quelqu’un est allé chez lui, et que Sidya aurait dit qu’il n’est pas au courant de mon exclusion. Il aurait posé la question à deux personnes qui étaient là « Mais qui a écrit ce communiqué ? » Mais vous savez, moi je n’y crois pas beaucoup à ces propos. Le secrétaire général n’est pas au courant, on me dit que Sidya n’est pas au courant. Quel Bureau Politique peut se réunir pour prendre une telle décision en dehors de son président et de son secrétaire général ?



Est-ce qu’officiellement, au-delà du communiqué publié sur le site Internet de l’URF, le parti vous a informé de cette décision ?



Non. J’ai été informé par un coup de téléphone. J’étais au volant quand un ami m’a appelé pour dire qu’il y un document m’excluant de l’UFR. Jusqu’à la maison, je ne faisais que recevoir des coups de fil confirmant ce que je venais d’apprendre. Arrivée à la maison, en compagnie de mon épouse, j’ai vu le communiqué de l’UFR. Il était 21heures 30 et c’est à ce moment que je découvre que je suis exclu du parti. Cela dénote que ce parti n’est pas organisé, parce qu’il aurait dû avoir une réunion extraordinaire du Bureau exécutif élargi qui devrait mettre sur la table tout ce dont on m’accuse. Et après débats, on aurait dû demander aux membres quels sont ceux qui votent pour l’exclusion ou ceux qui ne votent pas pour l’exclusion. Mais je note aussi que, dans un parti politique organisé, les sanctions sont graduées. Il y a l’avertissement, le blâme… L’exclusion est la sanction suprême. Et moi j’ai reçu la sanction suprême. Ça veut dire qu’en réalité, ils couraient derrière l’activité. Je vais vous dire une chose, vous connaissez mon engagement pour l’UFR et pour son président Sidya Touré, même à travers la presse. J’ai fini même par gérer le journal du parti ‘’Les Echos de Guinée’’. Pendant deux ans et demi, j’étais de directeur de la publication de ce journal.



Vous êtes à l’origine, comme le disent des gens, à l’installation de l’UFR à Kaloum…



Je suis membre fondateur de l’FUR depuis juin 2000. Et quand j’ai adhéré à l’UFR au temps du général Lansana Conté, rares sont les guinéens qui pouvaient s’arrêter à Kaloum, et dire « Moi je suis de l’UFR » Et quand on était membre de l’UFR en ce moment, et qu’on logeait dans la cours de quelqu’un à Kaloum, parce que on y est locataire, automatiquement on te demandait de libérer la maison. C’est en ce moment que j’ai donné la concession de mon père, pour en faire le siège de l’UFR. Quelles pressions on ne m’a pas mises ? J’ai été convoqué chez le chef de secteur, j’ai été convoqué chez le chef de quartier, j’ai été convoqué à la mairie, j’ai été convoqué au gouvernorat, j’ai été finalement convoqué chez le ministre de l’intérieur. Ma réponse a été partout la même : J’ai choisi un parti politique. La maison m’appartient. Je la mets à la disposition de ce parti. Et maintenant, j’attends qu’on me dise que je n’ai pas le droit. Finalement, la raison a prévalu. Qu’est-ce que je n’ai pas subi à cause de l’UFR ? J’ai même fais la prison pour Sidya Touré. J’ai consacré 14 ans de ma vie à l’UFR.



A vous entendre parler, on a l’impression que vous vous sentez trahi par l’UFR



Je me suis senti trahi, mais surtout blessé dans mon âme. Parce que j’ai consacré toutes ces années à un homme. Que je considérais comme mon grand frère, comme le modèle des Guinéens que je pensais être le meilleur. C’est pourquoi je n’ai pas eu peur d’aller avec lui durant ces 14 ans. C’est la mort dans l’âme. Je n’ai pas dormi toute la nuit. Tout le monde est abasourdi par cette information. Je reçois des coups de fils de Paris, de Bruxelles, toute ma famille, mes voisins, mes belles familles, la grande famille élargie en Afrique… sont tous de l’UFR à cause de moi. Qu’on vient me dire que je suis exclu du parti pour collaboration avec la RPG, et qu’on leur demande est-ce que vous avez une seule preuve alors qu’ils n’en ont pas, c’est grave. La seule preuve que le secrétaire général a avancé, qu’on aurait trouvé des bulletins de vote dans les mains d’un certain nombre de chefs de quartiers. Et que moi, entant que directeur de la logistique de la CENI, j’aurais pu prendre des dispositions nécessaires pour ne pas que ces bulletins tombent dans les mains des chefs quartiers. Je leur ai rétorqué, en disant que vous êtes des incultes, vous ne connaissez pas les structures logistiques d’une élection en Guinée. Moi je commande le matériel, je le reçois. Puis mon département l’envoie à nos représentants qui sont dans les préfectures et communes, sous le contrôle des représentants des partis politiques et candidats. Lorsque ce matériel arrive dans les préfectures et communes, ces antennes les confient, la veille ou l’avant-veille du scrutin, aux chefs de quartiers. C’est comme ça en Guinée. Sauf si on veut changer cela maintenant. Si on avait trouvé des bulletins dans les mains du commissaire de police, ou du commandant de gendarmerie ou chez un boutiquier, là j’aurai eu des problèmes. Mais qu’on dise que c’est dans les mains d’un chef de quartier qu’on les a retrouvés, mais ce sont ces chefs de quartiers qui gardent le matériel électoral. Même les procès verbaux ( PV) et les bulletins sont gardés par les chefs de quartiers. Le jour du vote, le chef de quartier prend son véhicule, il va les déposer dans chaque bureau de vote. Dans certaines localités, cela se fait la veille du vote. Il donne le nombre d’urnes correspondant au nombre de bureau de vote, le nombre de PV correspondant au nombre de bureau de vote, le nombre de bulletins correspondant au nombres d’électeurs inscrits plus 10%. Maintenant qu’on me dise que le chef de quartier a donné par-ci ou n’a pas donné par-là, là c’est autre chose. Il faut savoir aussi que c’est le bulletin unique. Le principe du bulletin unique veut dire que si vous le retenez, vous le retenez pour rien, parce que ce n’est pas comme avant, ou quand vous avez 10 candidats vous avez 10 bulletins. Vous pouvez mettre par devers vous les bulletins des partis que vous ne voulez pas qu’ils gagnent, et vous déposez le bulletin du parti que vous voulez qu’il gagne. Maintenant c’est un bulletin unique sur lequel il y a tous les candidats. Vous allez les retenir pourquoi ? Si d’aventure, le chef de quartier cache le bulletin, et le coche avant le vote, les partis politiques sont représentés dans les bureaux de vote, les délégués des partis politiques sont-là pour cela. La CENI n’est pas représentée dans les bureaux de vote. Le bureau de vote est constitué de 5 citoyens trillés sur le lot, choisis par les préfets à l’intérieur du pays, les gouverneurs et les maires à Conakry. Donc ils ne font pas parti de la CENI. Mais en dehors de ceux-là, vous avez les délégués des partis politiques. Si vous avez dix partis politiques, vous avez dix délégués. Est-ce que ceux-la peuvent accepter que les gens viennent avec des bulletins préalablement remplis et qu’ils les glissent dans les urnes devant eux ? Puisque l’urne est censée être vide au moment de commencer les opérations de vote, on l’ouvre et on le suspend pour dire que tout le monde a vu qu’il n’y a pas de bulletins à l’intérieur, avant de la refermer en présence toujours des délégués des partis politiques. Admettons qu’il ait bourrage, c’est que les gens ont accepté qu’il y ait bourrage. Si vous avez faim en tant que délégué, votre parti politique ne vous a pas donné à manger, et que vous vous absentez pour aller manger. Si entre temps, les autres bourrent l’urne, ça c’est de votre responsabilité. Voilà la seule preuve que l’UFR a donnée de ma collaboration avec le RPG. Je ne sais même pas comment on peut justifier cela.



Pour revenir à la fermeture du bureau de l’UFR à Kaloum, au cas où Sidya Touré, vous contacte, est-ce que vous allez le rouvrir et vous remettre à la disposition de votre parti ?



Ce bureau est définitivement fermé, en ce qui concerne ma vie politique. S’il doit s’ouvrir, ce sera à d’autres fins. Mais ce ne sera plus pour un parti politique.



Ça veut-il dire que c’est fini entre l’UFR et vous ?



Si l’UFR est le seul parti politique en Guinée, je ne ferai plus jamais la politique. Mais les rapports humains étant profonds, je considère toujours Sidya Touré comme un grand frère. Jusqu’à preuve du contraire, je pense qu’il n’est pas mêlé. Mais j’ai un sentiment de tristesse et de la pitié pour un homme qui a tout donné, et qui a des convictions. Je pense qu’il a été induit dans l’erreur, donc il a été trompé.



Mais l’opinion publique pense que si le site Internet de l’UFR a publié le communiqué de votre exclusion, c’est que Sidya Touré a entériné la discision du Bureau exécutif parti. Qu’en pensez-vous ?



Sur le plan politique, nos relations sont terminées. Mais nos relations humaines continueront, en ce qui me concerne moi. Je ne sais pas quels sont ses sentiments à mon égard.



Comme vous dites que vous ne le soupçonnez pas…



Non. Je ne le soupçonne pas. Je dis jusqu’à preuve du contraire, je pense qu’il n’était pas au courant, mais si les choses démontrent qu’il est au courant, sur le plan politique, comme je l’ai dit, nos relations sont terminées. Mais nos relations humaines demeurent, c’est-à-dire quand je le rencontre, je vais le saluer. C’est tout.



Et s’il dit qu’il n’est pas mêlé de votre exclusion ?



Là, je porterai plainte contre ceux qui ont fait ça.



Donc, vous ne pensez pas que c’est très tôt de fermer le siège ?



Non, je crois ça c’est définitif. Ecoutes, j’ai privé ma famille de revenus substantiels depuis 14 ans. A Kaloum, un bureau ordinaire, c’est entre 2 à 3 millions de fg par mois. En ce qui concerne ce bureau de l’UFR, c’est avec mezzanine, aménagé par les marocains. Tout est en boiserie à l’intérieur. C’est un bureau qui pouvait coûté 5 millions de fg par mois. J’ai privé ma famille de ce revenu, elle a accepté de perdre cet argent à cause de mon engagement politique. Donc, je ne veux plus tenter une nouvelle expérience. Je pense que ça suffit comme ça.



Interview réalisée par SACKO Mamadou




 

 
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