Echos de Sekhoutoureya

Opinion: Cellou Dalein Diallo, doit reconnaître et accepter ses erreurs dans la gestion de notre cher pays!

20/8/2012

 

Au cours d’une récente visite de Mr Cellou Dalein Diallo à Fria, il a déclaré à la presse ne pas avoir participé à la vente de l’usine Fria. A cet effet, il a notamment déclaré: «… A l’époque, je n’étais pas ministre de l’Économie, ni ministre des Mines et encore moins premier ministre ».

Cette sortie du leader de l’UFDG montre à suffisance que dans la Guinée du président Lansana Conté la nation n’avait pas de place, l’intérêt personnel primant sur le bien-être de la collectivité. Le président De gaulle ne disait-il pas que la vie d’un homme est infime par rapport à celle d’une nation ? On peut affirmer que certains cadres guinéens n’ont jamais su ce que c’est que servir son pays, sa nation. Être au service de sa nation, c’est le servir loyalement avec passion, conviction et enthousiasme. Servir la nation, c’est défendre le peuple à travers la défense de ses intérêts. Servir son pays, c’est aussi donner (quand il le faut) ce qu’on a le plus cher: sa vie. Les grandes nations dont nous essayons d’imiter de nos jours, ont eu des hommes et femmes intègres qui sont morts pour défendre leur patrie. Il est évident qu’en Guinée, pareils hommes et femmes existent. Ils continuent de se battre pour le rayonnement de la patrie. C’est sur eux que reposent tous les espoirs. Tout n’est donc pas perdu. Heureusement.

L’usine de Fria est l’une des 1ères industries minières installées en terre Africaine. Pendant longtemps elle a été la fierté industrielle guinéenne mais aussi l’emblème d’une Afrique capable de prendre en main sa destinée. Sa portée était transfrontalière pour la simple raison qu’elle a été construite à une époque où les peuples Africains avaient pris conscience du fait qu’une autre Afrique était possible (années 60 après le 1958 guinéen).

En 2007, la Guinée, que dis- je, les gouvernants guinéens, décident de vendre ce fleuron industriel pour quelques milliers de dollars. La vente d’un bien n’est pas une opération mauvaise en soi si cette vente profite aux deux parties engagées. Surtout que la vente se définit comme étant «… une convention par laquelle une personne dite "le vendeur" cède, à une autre personne dite "l'acheteur", ses droits de propriété sur une chose ou une valeur lui appartenant ».

Au cours de cette interview avec guineenews, Mr Diallo déclare : « au moment de la vente, je n’étais pas ministre de l’Économie, ni ministre des Mines et encore moins premier ministre ». Il est important de rappeler à Mr Diallo que lorsqu’on a 11 ans de gestion Etatique à son actif, on ne peut pas avoir des réponses de fuite en avant. On doit plutôt être enclin à défendre le bilan en termes d’actif et de passif. Votre réponse prouve à suffisance le mépris que vous aviez pour le peuple de Guinée. Lorsqu’on a été membre d’un gouvernement, on devient automatiquement comptable des actions de ce gouvernement. Certes, vous n’étiez pas responsable direct de cette opération de vente. Je vous le concède. Mais je pense que vous aviez eu un avis sur l’opération. Etant donné que de telles décisions sont prises en Conseil des Ministres. Alors, qu’avez-vous dit ce jour là lorsque la question de la vente fut posée ? Quelle a été votre réaction, en tant qu’Economiste de formation, sur le montant de la vente ?

En effet la solidarité gouvernementale est une règle fondamentale de tous les gouvernements. Lorsqu’on est membre d’un gouvernement, on a deux choix devant soi: ou être solidaire des actions gouvernementales à part entière ou démissionner si ses actions sont en contradiction avec votre vision. Je vous fais noter qu’extérioriser son désaccord sur tel ou tel action est une preuve certaine de probité morale. La différence est l’une des plus belles réussites de la nature car en l’autre on peut se voir et corriger ses tares.

Le président Ahmed Sékou Touré (dont vous êtes un bon fruit des écoles de son temps) disait : « L’Homme est à la fois ce qu’il dit et ce qu’il fait. Lorsqu’il y a contradiction entre ce qu’il dit et ce qu’il fait, jugez – le non pas parce qu’il dit mais plutôt par ce qu’il fait ». A l’époque, de mémoire d’homme, dans aucune presse, vous ne fustigez cette vente. Et si on vous applique le dicton qui stipule « qui ne dit mot consent », alors d’office on doit affirmer que vous aviez implicitement donné votre accord, votre parole. Parallèlement à cette vente de l’usine Fria, on vous accuse pour la vente de l’unique compagnie aérienne guinéenne, Air Guinée. Dans une de vos déclarations à ce sujet, vous avez affirmé, je vous cite « c’est le président Conté qui a demandé de vendre la compagnie sans appel d’offre à Mamadou Sylla ». Si seulement le défunt Président pouvait se réveiller de son sommeil éternel !

A l’époque vous étiez ministre de tutelle de cette compagnie donc responsable direct de toutes les opérations de vente. Lorsqu’on est responsable, on doit poser des actes forts et prendre des décisions justes, cohérentes et nobles tout en privilégiant l’intérêt du peuple. En tant que ministre du transport de l’époque, je pense que vous saviez honnêtement que cette vente allait s’avérer être un gâchis pour l’Etat Guinéen mais à aucun moment vous n’aviez fustigé cette vente. Votre réponse, en général, est de dire le « président à donné l’ordre de vendre et c’est tout ».

C’est à ce niveau que je vous reproche votre manque de « gentillesse » envers notre chère patrie. A mon humble avis, un intellectuel n’est pas forcément celui qui est bardé de diplômes mais celui qui, en face d’une situation donnée, arrive à proposer des solutions viables tout en protégeant son peuple. Un responsable doit être capable de faire des choix, de trancher quand il faut et ne pas attendre qu’on lui impose certaines choses. Certains me diront que sous le règne du président Conté on n’avait pas le choix. C’est faux !!! Parce qu’il y a eu des cadres, pas des moindres, qui ont fait le choix de quitter le gouvernement, l’administration pour marquer leur désaccord sur une certaine manière de gérer le pays. Je citerai, à titre d’exemple, ces cas de démission. Au niveau du Gouvernement: feu Jean Claude Diallo (ancien ministre), feu Kabiné Kaba (1er Gouverneur de la BCRG à la prise du pouvoir par le CMNR), François Fall (ancien PM); Au niveau des mass médias : Facély II Mara (de l’émission A vous la parole), Aboubacar Yacine Diallo (ancien directeur RTG), Justin Morel Junior (ancien ministre), Souleymane (du Lynx). Très récemment les Ministres de Dadis démissionnaires en signe de protestation des évènements du 28 septembre. Vous êtes venus aux affaires bien après certains de ceux là. Donc la question d’exemples à imiter ne se posait point. Alors, pourquoi n’aviez-vous jamais fait le choix de partir pendant que vous pouviez partir ? Pourquoi avoir accepté de rester dans un gouvernement au sein duquel la « gestion était mauvaise » (selon vos dires dans guineenews).

Il est important que les cadres guinéens acceptent de reconnaître leurs erreurs dans la gestion passée du pays. Je vous invite à le faire : reconnaître et endosser vos erreurs. Publiquement ! Et puis on verra …

Je pense que pour la Guinée démocratique en construction, il est important de continuer à mettre en avant la rigueur dans la gestion de la chose publique, d’accentuer la culture du travail bien fait, la culture de la démission quand on n’est pas d’accord, d’encourager la méritocratie à tous les niveaux. A nous génération future (mais présente en réalité) de construire cette nouvelle Guinée.

Quoiqu’il arrive, la flamme de l’espérance ne doit jamais s’éteindre dans le cœur des filles et fils de la Guinée car nous sommes appelés par un destin commun !!!!

Mamoudou MARA
mamoudoumara@hotmail.com

 

 
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