A l’instar de la communauté musulmane mondiale, les fidèles musulmans de Guinée ont célébré, dimanche 19 août 2012, la fête de l’Aid El Fîtr, sanctionnant la fin du mois saint de ramadan, par une grande prière dans les mosquées et autres places publiques.
Cette fête traditionnelle de rupture de ramadan intervient dans un contexte de double conjoncture - économique et politique- particulièrement difficile. De retour aux Lieux saints de l’Islam, le chef d’Etat, qui n’est pas resté indifférent, a demandé une solidarité entre les Guinéens dans ce contexte de rude épreuve.
Sur plan économique, il faut reconnaître que les Guinéens ont passé un mois de ramadan singulièrement difficile. D’habitude, la fête de ramadan est l’occasion idéale pour les familles de s’offrir un plat copieux, des habits de fête, et de pouvoir s’acquitter honorablement de l’aumône. Mais compte tenu de la pénible situation économique du pays, il a été pratiquement impossible de suivre cette tradition. Et nonobstant des efforts de sensibilisation des gouvernants invitant les commerçants à saisir ce mois de pénitence pour sensiblement diminuer les prix des denrées de première nécessité, cet appel est tombé dans d’indifférentes oreilles, au regard des réalités sur les différents marchés du pays.
Avant la fête de l’Aid El Fitr, le kilogramme de viande se vendait déjà 27 000 FG ! Au niveau de la poissonnerie, le plan B des familles qui ne sauront s’offrir de la viande, malgré les efforts du gouvernement de vendre officiellement le carton de poisson à 260 000 Gnf, les spéculateurs ont monté les enchères jusqu’à plus de 300 000 Gnf le carton !
Sur plan politique, le manque criard de confiance entre les acteurs politiques entraîne le pays dans un blocage politique dont la conséquence immédiate se traduit par cette difficulté économique pour les familles guinéennes à joindre les deux bouts. La classe politique, qui claironne se battre pour l’amélioration des conditions de vie des populations, se lance dans des querelles fratricides empêchant tout décollage économique. Pendant que les laborieuses populations ne savent plus à quel saint se vouer. Une fois encore, les responsables de cette situation désastreuse du pays n’ont d’autres noms que des politiques.
Le CNT ayant remis son rapport de proposition de sortie de crise au chef de l’Etat, espérons qu’on arrivera très rapidement à organiser enfin ces élections législatives, gage d’amélioration des conditions de vie des populations.
Et, comme il est de coutume, à l’occasion de cette fête, l’ensemble de la Rédaction de www.lexpressguinee.com se joint à moi pour souhaiter bonne fête de ramadan à toutes et à tous.
SACKO Mamadou L’Administrateur
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