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Devant la presse, ce lundi 6 mars 2017, les avocats de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), principal parti de l’opposition guinéenne, ont soutenu, sans apporter la moindre preuve, l’immixtion de l’Exécutif dans le Judiciaire en parlant de la réponse du tribunal de Dixinn à la requête d’Amadou Oury Bah connu sous le nom de Bah Oury.
Selon Maître Salifou Béavogui, un des membres de ce collectif d’avocat, «l’exclusion de Bah Oury de l’UFDG est conforme au statut du parti ». Pour preuve, selon lui, « avant la sanction ultime qu’est l’exclusion, Bah Oury a été sanctionné à deux reprises (avril 2014 et novembre 2015) pour l’emmener à se conformer au statut et règlement intérieur du parti.
« En dépit des avertissements qu’il a reçus, depuis la France où il vivait en exil, Bah Oury a contribué à la mise en place d’une structure extraparlementaire. Or l’UFDG étant au parlement, seul ses députés sont habilités à parler à son nom. Et comme cela ne suffisait pas, dès son retour d’exil, il a commencé à tenir des propos outrageants à l’endroit du président du parti. Il a été convoqué en vain pour s’expliquer. C’est ainsi que le conseil politique qui gère les affaires courantes a décidé de son expulsion qui a été validée par le bureau exécutif », a expliqué Maître Salifou Béavogui pour qui le fait pour la justice de décider que Bah Oury soit réintégré à l’UFDG est contraire au statut de ce dernier.
Pour l’avocat, comme pour Ousmane Gaoual Diallo, Fodé Oussou Fofana, Députés UFDG à l’Assemblée Nationale, « la décision de la justice ordonnant la réintégration de Bah Oury à l’UFDG est un non-événement ».
Précisant qu’ils ont déjà interjeté appel, Maître Salifou Béavogui dit ne pas comprendre que le même tribunal juge légale l’exclusion Mamadou Barry et illégale, celle de Bah Oury alors que les deux ont été sanctionnés pour les mêmes faits. Pour l’avocat qui promet qu’ils « iront jusqu’au bout », « il y a manifestement deux poids, deux mesures ». Toute chose qui atteste selon lui que « la justice guinéenne est devenue une toile d’araignée qui laisse passer les grands pour ne s’attaquer qu’aux faibles ».
Comme lui, Maître Paul Yomba Kourouma, un autre membre du collectif a dit qu’en cas de défaite devant la cour d’appel, ils vont se pourvoir en cassation devant la cour suprême. Et devant cette juridiction, ils introduiront une requête afin de sursis à exécuter l’arrêt de la cour d’appel au cas où cette dernière ordonnait l’exécution provisoire de sa décision.
Le doyen du collectif se dit dorénavant confiant parce que la cour d’appel est composée d’un collège de magistrats contrairement à la première instance où il n’y a qu’un seul magistrat qui n’obéit qu’à sa seule conviction. Il se dit convaincu aussi que tous les magistrats guinéens ne sont pas mauvais. Il y en a qui sont talentueux et très courageux. « Nous avons une très bonne structure juridique », s’est réjoui Maître Paul Yomba Kourouma .
« Qu’il en soit », a poursuivi Maître Salifou Béavogui qui juge ce dossier (Bah Oury contre UFDG) atypique, « entre Bah Oury et l’UFDG, le divorce est déjà consommé ». Le divorce entre Bah Oury et l’UFDG est également consommé dans la mesure où la décision du tribunal n’a pas bénéficié de l’adhésion des militants du parti, d’après Maître Aboubacar Sylla, un autre membre du collectif d’avocats. Et n’eut été l’immixtion de l’Exécutif dans cette affaire, Bah Oury n’aurait jamais eu raison de l’UFDG.
Si la justice a pour mission de prôné la paix sociale, la décision du tribunal de Dixinn fait le contraire, selon Alsény Aïssata Diallo, un autre du Collectif pour qui, « à part les mouches et les moustiques qui suivent Bah Oury, il n’a personne derrière lui ».
A rappeler que cette conférence de presse fait suite à décision du tribunal de Dixinn jugeant illégale, l’exclusion de Bah Oury de l’UFDG, le 05 février 2016 et ordonnant sa réintégration.
Kovana Saouromou
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