La commission électorale nationale indépendante (CENI) a publié, lundi 25 Septembre, le chronogramme des élections locales. Ce chronogramme de 120 jours se déroulera du 07 octobre prochain au 04 février 2018 prévu pour la tenue de ces élections. En dépit de cette précision dans l’organisation des élections qu’elle ne cesse de réclamer, force est de constater que l’opposition maintient ses manifestations.
Même si l’organisation rapide des élections fait partie des revendications de l’opposition, elle ne semble plus être la principale. Ce que l’opposition exige maintenant, c’est l’application de l’intégralité des accords politiques du 12 octobre 2016. L’opposition veut aussi s’inscrire dans la lutte contre l’impunité dont bénéficient les forces de défense et de sécurité auteurs de crimes contre la population guinéenne.
« C’est une revendication forte de l’opposition, mais en attendant, nous sommes beaucoup plus préoccupés par l’assassinat de nos compatriotes et convaincus, comme d’habitude, qu’aucune disposition ne sera prise pour situer les responsabilités et déférer les criminels devant la loi. » A réagi à la fixation de la date des élections locales, le chef de file de l’opposition, Cellou Dalein Diallo, au sortir d’une réunion de l’opposition républicaine, pour parler des prochaines manifestations.
Et mieux, pour le président de l’union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), ces élections ont été trop éloignées par rapport à ce qui était prévu. Une autre preuve de l’irresponsabilité des institutions du pays. « C’est trop loin par rapport à ce qui était attendu, parce que comme vous le savez, ces élections devaient être organisées en février 2017. Si c’est en février 2018, c’est trop loin. Ça montre encore la carence de nos institutions qui sont incapables de respecter les calendriers électoraux et les accords politiques », a fustigé Cellou Dalein Diallo.
Ainsi pour dénoncer ce qu’elle appelle impunité, l’opposition annonce l’organisation d’une marche pacifique sur toute l’étendue du territoire national le 04 octobre prochain. Mais avant, elle appelle à une marche funèbre en lieu et place de la marche pacifique prévue ce mercredi 27 Septembre. Toutes ces marches seront suivies des journées ville morte le lendemain, précise Alhoussény Makanéra Kaké, un des porte-paroles de l’opposition.
En revanche, pour l’ancien vice-président de l’UFDG, Amadou Oury Bah connu sous l’appellation de Bah Oury, ce n’est ni pour des élections, ni pour dénoncer l’impunité que Cellou Dalein Diallo et compagnies manifestent. Ils manifestent, d’après lui, pour saboter le déroulement du procès du meurtre du journaliste Mohamed Koula Diallo et la tentative d’assassinat dont il a fait l’objet au siège de l’UFDG, le 05 février 2016. L’homme qui se bat pour un changement de leadership à la tête de l’UFDG demande à la population guinéenne à prendre ses responsabilités.
Kovana SAOUROMOU
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