Comme promis, Marcel charge Dadis: «Il est au début, au milieu et à la fin de ce qui s'est passé au stade…»

Lexpress Guinée
Jul 11, 2023


Après près de deux mois de pause pour plusieurs raisons, le procès des douloureux événements du 28 septembre 2009 ont repris ce lundi 10 juillet 2023 devant le tribunal criminel de Dixinn délocalisé à la cour d’appel de Conakry. Et c’est l’accusé Marcel Guilavogui qui a promis de revenir sur sa première déposition qui a été appelé à la barre.

Tout d’abord, l’homme qui, lors de sa première comparution a nié en bloc sa participation aux malheureux événements du 28 septembre 2009 qui ont fait plus de 150 morts, selon la commission d’enquête des Nations-Unies, a précisé qu’il est l’un des acteurs non négligeables du putsch de 2008 qui a porté le capitaine Moussa Dadis Camara au pouvoir.

Marcel Guilavogui plus que jamais déterminé à charger son «oncle» et ancien patron, le capitaine Moussa Dadis Camara, a également fait savoir que ce dernier était le commandant du régiment de la garde présidentielle. Ce qui est tout le contraire de la déclaration de celui-ci à la barre.

Beaucoup parmi les accusés dans cette affaire d’assassinat, meurtres et de viol entre autres, dont l’ancien chef de la junte, le capitaine Moussa Dadis Camara soutiennent que son ancien aide de camp, le commandant Aboubacar Sidiki Diakité dit Toumba, lieutenant au moment des faits était le commandant du régiment de la garde présidentielle.

Toutefois, d’après Marcel Guilavogui appelé à l’époque adjoint de Toumba c’est la garde parallèle créée par le capitaine Moussa Dadis Camara qui a commis les exactions au stade du 28 septembre et non la garde présidentielle. Citant nommément feu Joseph Macambo assassiné par Toumba, le 03 décembre 2009; Gono Sangaré, Intendant à la Présidence ; Beugré, Commandant du camp Koundara à l’époque.

Comme le commandant Toumba Diakité à la barre, Marcel Guilavogui a déclaré avoir entendu le capitaine Dadis Camara, le matin du 28 septembre 2009, dire de “mater” les manifestants. Et que ce dernier aurait dit qu’il allait lui-même se rendre au stade pour calmer la situation.

Contrairement à ses premières déclarations à la barre, Marcel reconnaît cependant avoir été au stade le jour du massacre. S’abstenant délibérément de dire le rôle qu’il y a jouer.

Ce n’est pas tout. Le capitaine Moussa Dadis Camara étant «au début, au milieu et à la fin de ce qui s'est passé au stade du 28 septembre », selon Marcel, il demande avec insistance à celui-ci d’assumer ses responsabilités. «Il faut qu’il assume ce qu’il a fait devant le peuple», a-t-il conclu.

C’est sur ces mots que les débats ont été suspendus et l’affaire renvoyée à demain mardi 11 juillet 23.

KS