Des travailleurs de l'Office guinéen de publicité (OGP), regroupés au sein d'un collectif, ont manifesté ce jeudi 12 décembre 2024 devant le Conseil national de la transition (CNT). Parmi eux, de nombreux pères de famille, désespérés par une situation devenue insoutenable : six mois d’arriérés de salaires impayés. Accusant leur directeur général, Mandian Sidibé, de mauvaise gestion et de népotisme, ces employés réclament son départ, dénonçant des pratiques qu’ils jugent contraires à l’éthique et à la bonne gouvernance mais restent tout de même ouverts au dialogue.
Bien que le syndicat de l’OGP se soit demarqué de ce mouvement estimant que ce collectif n'est pas representatifs de tous les travailleurs, cela n’a pas freiné la détermination des manifestants. Ces derniers exigent notamment : "le paiement intégral des arriérés de salaires ; l’immatriculation immédiate de tous les employés à la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) ; le règlement rétroactif et la régularisation des cotisations sociales impayées depuis trois ans".
Un employé, visiblement excédé, a résumé leur état d’esprit : « Ce qui serait bien pour le directeur général, c’est de régler en une semaine les arriérés des travailleurs, de rétablir la justice et de nommer les gens par compétence et non par affinité. La plupart de ses nominations sont celles de ses complices, des gens qui n’ont pas le niveau... » À propos justement de niveau, une des pancartes brandies ce jeudi 12 novembre affiche : « 6 mois sans salaire ! Mandian, où est passER notre argent ? » (voir photo). Sûrement l'œuvre d'un calligraphe assez distrait, à moins que le problème de niveau ne soit généralisé dans ce service pourvoyeur de recettes pour l'État...
En tout cas, cette faute de conjugaison révélatrice du niveau à l'OGP, loin d’atténuer le message, semble refléter le désarroi général des employés face à une administration qu’ils estiment inefficace et en décalage avec les exigences de transparence.
Les manifestants en appellent directement au président Mamadi Doumbouya dont Mandian Sidibé est l'un des soutiens inconditionnels, espérant une intervention rapide pour faire entendre leurs revendications. L’un des travailleurs n’a pas mâché ses mots :
« La situation est catastrophique à l’OGP, nous vivons dans la misère. Imaginez un père de famille qui a 10 ou 15 personnes à sa charge et qui n’est pas payé depuis six mois. Mandian Sidibé a rendu les gens mendiants, c’est très grave. »
Si aucune solution rapide n’est trouvée, la tension risque de s’aggraver, fragilisant encore davantage l’image et le fonctionnement de l’OGP. ????
Abou Maco

