Dernier Sommet de la CEDEAO à Accra : Les dessous du Huis clos

Lexpress Guinée
Jun 12, 2022


Autour de la table, dans une salle du palais présidentiel, se sont retrouvés dix chefs d’État : Bénin, Togo, Libéria, Guinée-Bissau, Nigéria, Ghana, Gambie, Côte d’Ivoire, Niger et Sénégal.

Le médiateur de la CEDEAO pour le Mali, l’ancien président du Nigéria, Goodluck Jonathan, explique qu’il revient à peine d’une visite au Mali. Avant le Mali, il s’est rendu au Togo pour consulter le président, Faure Gnassingbé, qui est nommé facilitateur entre le Mali et la CEDEAO. Et celui-ci a validé le plan de sortie de crise malienne.

Devant les chefs d’État, le huis clos commence donc.

Goodluck Jonathan prend la parole. Concernant le Mali se dégage nettement une Transi- tion d’une durée de 24 mois, à compter de fin mars 2022.

La veille du Sommet, dans une lettre confidentielle du président de la Transition au Mali, Assimi Goïta, adressée à des participants au Sommet extraordinaire de la CEDEAO, figurait déjà cette proposition d’une Transition de 24 mois. (Nous avons obtenu copie de la missive).

L’exposé du médiateur Goodluck Jonathan devant les chefs d’État est clair : un plan de sortie de crise au Mali est enfin sur la table.

À la suite de Goodluck Jonathan, selon nos informations, l’un des intervenants est le président du Togo, Faure Gnassingbé. Il a le contact plutôt facile avec la junte malienne. Il reçoit discrètement des émissaires de Lomé et il dépêche souvent à Bamako son ministre des Affaires étrangères, Robert Dussey, désormais très intégré dans la capitale malienne.

D’après les sources contactées lors du huis clos des chefs d’État de la CEDEAO, le 4 juin 2022 à Accra, le président togolais a souhaité, après le délai quasiment acté de 24 mois de Transition, la levée immédiate de
toutes les sanctions, y compris financières, contre le Mali. Tous les chefs d’État ne partageaient pas son point de vue. Le diable est souvent dans les détails.

Dans la salle, des voix se sont levées pour demander un chronogramme exact devant conduire aux élections. Une décision collégiale a donc été prise : reporter la décision finale au Sommet ordinaire de la CEDEAO, le 3 juillet 2022.

Ainsi, les dossiers guinéens et du Burkina Faso ont également été reportés à cette nouvelle date pour des discussions plus précises.

In LLCM