Deux hauts cadres ont été démis de leurs fonctions, le vendredi 20 mars 2026 par décret, de Directeur de la Communication et de l’Information de la Présidence de la République, et du Coordinateur du Bureau du suivi des priorités présidentielles. Il s’agit respectivement de MM Moussa Condé et Mamadou Angelo Diallo. Les raisons de l’acte du pouvoir central ? Faute lourdes ! Si le dernier cité, Mamadou Angelo Diallo, le désormais ex Coordinateur du Bureau du suivi des priorités présidentielles, n’a pas jugé utile de justifier les raisons qui ont motivé son employeur, le président Mamadi Doumbouya, à le démettre de ses fonctions, le second Moussa Condé s’est livré à un spectacle ahurissant pour justifier son renvoi.
Dans une vidéo devenue virale sur Facebook, Moussa Condé s’est évertué, non sans étaler ses limites professionnelles, à « informer sur les causes de mon limogeage que vous avez suivi à la télé… » Selon Moussa Condé, beaucoup de personnes ont fait des spéculations, mais « aujourd’hui, il faut que je donne ma part de vérité clairement », a-t-il indiqué d’entrée.
La première des choses, selon l’ex Directeur de la DCI « en tant que Directeur de la Communication, j’essayais quand-même de soutirer des informations confidentielles au niveau de Présidence pour les divulguer à certains blogueurs. Chose qui n’est pas digne d’un Directeur de la Communication. Et aussi j’étais en contact permanent avec certains membres du Gouvernement de l’ancien régime. Chose qui n’est pas normale aussi. » Une accusation très grave pour ce haut cadre !
Moussa Condé ne semble pas vouloir s’y arrêt là. « Par ailleurs, l’aspect qui a réveillé les soupçons, j’ai eu un échange avec un des garde-corps du Président, qui s’appelle KONDEBILI. Il m’a appelé un soir pour me demander un peu d’argent. Je l’ai fait un dépôt de 500 mille FG sur Oranges Money. Après, on a échangé, je l’ai dit ‘’ ah mon frère ouvre bien grand tes oreilles-là. S’il y a des informations sensibles autour du patron sur moi, il faut m’informer…’’ », s’est enfoncé l’est DG de la DCI, en révélant que « L’appel a été intercepté. C’est là les problèmes ont commencé, j’ai été convoqué. De contrôle en contrôle, dans mon téléphone, on est tombé sur des communications que je tenais avec certains marabouts pour me permettre d’avoir des positions, au près du Président, plus importantes. Ces marabouts ont fait des travail pour moi – SIC- des médicaments auxquels je devais me laver… » Une preuve irréfutable que les guinéens sont sous écoute téléphonique sous le régime de Mamadi Doumbouya.
L’ancien Directeur de la Communication et de l’Information de la Présidence de la République s’est auto-détruit en avouant publiquement que « Par ailleurs, l’autre côté aussi, c’étaient les fréquentations que je recevais au bureau, de certaines filles. Je ne me retenais pas de faire de la bordellerie avec eux. C’est ça la vérité, parce que c’est le mot, il faut le dire » Un bureau de la DCI transformé en chambre de passe !
Pour s’achever, Moussa Condé reconnaît avoir détourné les primes du personnel de la DCI : « Le gros aspect aussi, c’est la frustration au sein des équipes, que je conduisais au sein de la DCI, auxquelles je ne remettais forcément leurs primes… Donc, quand tous aspects-là sont réunis, et que le chef de l’Etat a çà, il doit taper sur la table. Et c’est ce qu’il fait… »
Au regard de la gravité des accusations, l’on est en droit de se poser la question de savoir si Moussa Condé était libre, au moment d’enregistrer cette vidéo ? Une vidéo qui relance la question sur la sécurité du Président de la République. Car divulguer des informations présidentielles Mamadi Doumbouya aux blogueurs et aux anciens membres du régime défunt, est une haute trahison. A cela s’ajoute le détournement de primes des travailleurs de la DCI.
Pour rappel, des directeurs des services publics, notamment celui de l’Office Guinéenne de la Publicité, ont été non seulement démis de leurs fonctions pour détournement de deniers public, mais aussi traduits de devant la CRIEF.
Pourquoi Moussa Condé n’est-il pas poursuivi pour entre autres, haute trahison, divulgation d’informations présidentielles, corruption de garde-corps et détournement de deniers publics, après ses aveux publics ?
Alsény Sylla

