Emmanuel Macron et la condescendance : chassez le naturel, il revient au galop !

Lexpress Guinée
Dec 20, 2024



On ne sait pas trop quelle mouche a piqué les Français pour qu'ils élisent à deux reprises Emmanuel Macron (2017 et 2022), mais ils doivent le regretter amèrement aujourd'hui. C'est plus fort que lui : le président français ne peut s'empêcher de traiter de haut ses interlocuteurs lorsqu'il les estime inférieurs à l'Aryen qu'il croit être. À l’exception des princes des riches monarchies pétrolières du Golfe, Français, Européens et Africains ont tous eu droit à l’impertinence et à l’impolitesse du jeune président. Cela est particulièrement vrai pour certains chefs d’État africains, comme Alassane DRAMANE Ouattara de la Côte d’Ivoire et Patrice Talon du Bénin, qu’il malmène régulièrement à souhait et ridiculise publiquement, sous le regard approbateur de ces "esclaves de salon", pour reprendre les termes du capitaine Ibrahim Traoré, président du Faso.

Que dire de sa déclaration publiée par le journal français "Le Monde" le jeudi 19 décembre 2024 — mais vite démentie par l'Élysée ce vendredi 20 décembre — selon laquelle il aurait dit que "le problème des urgences dans ce pays, c'est que c'est rempli de Mamadou". Je ne vous explique pas l'injure que c'est pour un Africain Noir d'être traité de "Mamadou" par un Blanc, surtout par le descendant d'un colonisateur français.

Malgré le démenti tiré par les cheveux apporté par l'Élysée, le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard, n'avait pas manqué de réagir : "Ces propos racistes du président de la République, rapportés par le journal Le Monde, sont une insulte à la République. C'est une honte absolue. Vivement qu'il s'en aille", avait-il écrit. Même réaction chez le sénateur communiste de Paris, Ian Brossat, qui estime que ces propos "sont racistes. Indubitablement. Ils sont accablants".

Mais ce n'est pas tout : Lors de sa dernière visite à Mayotte, le département le plus pauvre de France, ravagé le 14 décembre dernier par le cyclone Chido, le plus violent depuis 90 ans, Emmanuel Macron n’a pas manqué de faire des siennes. Face à la colère des Mahorais, qui scandaient "Macron démission !", "Tu racontes des salades", "De l’eau, de l’eau, de l’eau", le mari de Brigitte a fini par lâcher : "Je n’y suis pour rien pour le cyclone, vous pouvez me le reprocher, mais ce n’est pas moi !". Ça, c’est du Macron tout craché !

Sa réaction ici traduit le sentiment qu’il nourrit profondément à l’égard des habitants de Mayotte : mépris, manque flagrant d’empathie et indifférence totale aux attentes de ces citoyens dans une situation de crise. Pourtant, et il le sait bien, les Mahorais ne lui reprochaient pas l’arrivée de cette catastrophe naturelle, mais exprimaient leurs préoccupations : absence de soutien concret, lenteur de l’intervention, et inaccessibilité des ressources essentielles après le passage dévastateur du cyclone. En d’autres termes, ils dénonçaient l’absence de mesures pour atténuer les conséquences du drame.

Loin d’apaiser les tensions, Emmanuel Macron, par son attitude, a renforcé le sentiment d’abandon et d’injustice chez une population déjà vulnérable. Plus grave encore, cette sortie malheureuse révèle un écart profond entre le langage institutionnel et les attentes populaires, particulièrement dans un territoire comme Mayotte, où les frustrations liées au sous-développement et au désintérêt de l’État central sont récurrentes.

Il n'empêche, c’est ce même président qui devrait présider aux destinées de la France et de ses valets locaux en Afrique jusqu’en 2027. Tant pis pour ceux qui l’ont élu, et pour ses laquais africains !

Par Abou Maco