Il apparaît de plus en plus évident que la très controversée figure d’Ousmane Gaoual Diallo a réussi, à lui seul, à mobiliser plus de monde au port de Conakry le samedi 15 février dernier que l’ensemble des Forces vives à New York ce mardi 18 février. Une réalité troublante : un seul homme a rassemblé une foule plus imposante que l’UFDG, le RPG/Arc-en-ciel, l’UFR et le fameux FNDC réunis au sein de cette alliance appelée "Forces vives" qui, depuis sa création, peine à convaincre. Peut-on sérieusement prétendre que ces dockers et les populations qui ont envahi le port de Conakry ont été contraints d’y être par la force ou sous la menace ? L’idée même semble absurde. Qui pourrait raisonnablement forcer ou menacer une telle masse de travailleurs, des dockers en plus ?
Finalement, et contrairement à ce que pensent certains militants du RPG/Arc-en-ciel, cette coalition contre-nature semble davantage desservir l’UFDG que son allié supposé. Il suffit de se rappeler les marées humaines qu’Elhadj Cellou Dalein Diallo parvenait à mobiliser à chacune de ses sorties à New York. La piètre mobilisation du 18 février pourrait être attribuée à son absence physique, malgré son appel au rassemblement— ou « à cause du froid » (Sic !). Mais la vraie question est ailleurs : l’UFDG (le parti) n’aurait-il pas attiré plus de monde s’il avait appelé à manifester seul, sans l’étiquette des Forces vives ?
Nombreux sont les militants du RPG/Arc-en-ciel qui, par pragmatisme ou par fidélité "idéologique", préfèrent soutenir le Général Mamadi Doumbouya plutôt que de s’associer à une coalition avec l’UFDG et le fameux FNDC. L’alliance avec l’UFDG pourrait encore être tolérée par certains, mais celle avec le FNDC demeure un véritable repoussoir. L’UFDG, quant à lui, aurait tout intérêt à se délester de ce fardeau et boulet (le FNDC) hérité de l’ère Alpha Condé s’il veut réellement élargir son électorat et rassembler plus. Car il faut bien l’admettre : de nombreux militants de l’UFDG également ne digèrent toujours pas cette alliance avec le RPG/Arc-en-ciel, parti qu’ils accusent d’avoir orchestré leur répression sous la présidence d’Alpha Condé. Certains, bien que minoritaires, n’ont d’ailleurs pas hésité à quitter le parti pour rejoindre le CERAG d’Ousmane Gaoual Diallo, perçu par eux comme une victime de l’ancien régime.
En vérité, ceux qui s’illusionnent encore refusent de voir que la bataille pour la présidentielle est d’ores et déjà engagée et que la candidature du Général Mamadi Doumbouya ne fait plus de doute. Dès lors, la fameuse alliance des Forces vives, gangrenée par ses contradictions internes, ne peut que servir, in fine, les intérêts du chef de la transition. Quant à l’option d’un renversement du régime par une insurrection populaire, certains la caressent encore, mais elle reste totalement irréaliste : on ne renverse pas un pouvoir armé de kalachnikovs avec des slogans, des banderoles et des cailloux. Il est donc temps de regarder la réalité en face : la campagne présidentielle a commencé, et il serait peut-être plus avisé pour les acteurs politiques de tirer les leçons de cette alliance inefficace avant qu’elle ne devienne un fardeau impossible à porter. In fine, que chacun commence déjà à battre campagne de son côté.
Abou Maco

