Maneah : Les membres de la délégation spéciale installée

Lexpress Guinée
Aug 17, 2023





Longtemps attendue depuis le limogeage du Maire et sesconseillers pour malversations financières, la délégation spéciale de Manéah a désormais une nouvelle équipe de 11membres dont deux femmes. Docteur Boubacar Sylla, Président aura, avec son équipe, la lourde charge de sortir cettecommune de son coma profond.



Renforcer la cohésion sociale, l’autonomie de gestion, remettresur les rails du développement les 21 districts que compte la Commune rurale de Maneah...voilà entre autres défis que lenouveau président a mis en exergue dans son discours d’installation le 9 Août 2023 au siège de la commune à Tanènè,en présence de Naby Conté, secrétaire général chargé des collectivités décentralisées de Coyah. Ce dernier - après avoir demandé aux nouveaux membres à s’accoutumer du Code des collectivités locales et à poser des actes de cohésion sociale - considère la forte mobilisation des populations comme une adhésion aux idéaux du CNRD et un soutien à la délégation spéciale. Il a procédé à la remise des sceaux de la République au président entrant.



Des contestations sur fond de rumeurs



La publication de la liste des membres, le 4 Août 2023 à la Maison des jeunes de Maneah par Yaya Kalissa, préfet de Coyah, a connu des contestations et manifestations que certains responsables limogés, de sources policières, avaient concocté.



En effet, pendant que le préfet citait les noms membres de la délégation spéciale, des cris de contestations retentissaient parmi la foule. Des nombreux jeunes affirmaient que le nouveau Président El Haj Boubacar Sylla, n’était pas natif de la commune. Cela a quelque peu perturbé le déroulement normal de cette cérémonie. Mais ces cris ont été vites devenus inaudibles par rapport à ceux d’une population en liesse dans les rues pour accueillir la nouvelle équipe. Les deux camps par endroits ont failli en venir aux mains. Et le 6 Août 2023, deux jours après les contestations du centre-ville de Manéah, les auteurs organisateurs ont remis çà. En effet, alors que Mory Condé, ministre, visitait les ménages touchés par les inondations à Maneah et Coyah, une manifestation contre sa décision s’organisait à Sanoyah au Km36. Les manifestants ont finalement été dispersés par les autorités policières. Et la ferme promesse du ministre de mettre fin à ces actions de révoltes a fini par ramener des auteurs - responsables de marchés déja identifiés par la police - et commanditaires à la raison : El haj Boubacar Sylla né à Manéah est bel et bien natif de cette sous préfecture.



Inondations, éboulements... héritages lourds de l’équipe sortante



C’est la deuxième fois que les habitants de Manéah assistent au limogeage du Maire et ses conseillers communaux pour les mêmes raisons : la mal gouvernance. En raison de l’ampleur des dégâts économiques et financiers de l’équipe précédente, le ministre de l’Intérieur avait promis des poursuites. Ce qui n’est pas le cas pour l’instant alors que les appels dans ce sens ne manquent pas au sein d’une population, sevrée des maigres ressources de la commune depuis de longues dates.



Cette équipe sortante laisse derrière elle une commune malade, envahie par des ordures, des déchets. Tant dans les marchés, ménages que dans les rivières. La spoliation systématique des domaines de l’État et d’autres zones de production était

devenue monnaie courante. Les baies, rivières et les bas-fonds ne sont pas en reste. Jusqu'à l’année dernière, l’équipe sortante

cédait les parcelles sur le mont Gbalan. Les nouveaux équipements disparaissent au fur et à mesure qu’ils tombent dans le porte-feuil de l’État. L’envahissement des chaînes de montagnes de Kakoulima et de Gbalan - où plus de 4000 hectares avaient ont été identifiés dès les années 40 et retenus comme patrimoines inaliénables - a été facilité grâce à la cupidité des élus locaux limogés.

Ces inondations, éboulements de terrains, qui font aujourd’hui des victimes à Manéah ne sont que le résultat d’une

gouvernance locale qui avait viré au laxisme et à l’anarchie. Les maigres ressources locales et même celles mises à la

disposition par l’État ont été détournées de leurs objectifs premiers. Ces actes ont affaibli et empêché la commune

d’amorcer une vraie politique d’autonomie de gestion pour un développement local. La nouvelle équipe hérite d’une commune malade, où tout est prioritaire pour la remettre sur les rails du développement local.


NMC