Nomination des chefs de quartiers: Guinée: Doumbouya accusé de «ramener la politisation à outrance de l’administration»

Lexpress Guinée
Aug 11, 2023




A travers un décret rendu public le 09 août 2023, le président de la transition modifie les dispositions du Code électoral révisé relatives au mode désignation des chefs de quartier et présidents de district. Selon cette décision du colonel Mamadi Doumbouya, les membres des conseils de quartier et de district sont nommés par décision administrative du gouverneur de région. Sauf que cette décision ne passe pas chez certains acteurs politiques. C’est le cas de Dr Faya Millimouno, président du Bloc libéral. Pour lui, cette démarche des autorités tue la démocratie à la base. Il l’a fait savoir chez nos confrères de HADAFO Médias ce jeudi 10 août 2023.

«… la décision prise par le colonel Mamadi Doumbouya par décret, modifiant certaines dispositions spéciales de cette Loi de 2017 portant code électoral, n’est pas non plus la solution. C’est d’ailleurs grave. Parce que premièrement, selon le code des collectivités, les quartiers et les districts sont des sections de la commune. Donc, c’est des sections qui évoluent sous l’autorité du maire et du conseil. Comme on aime toujours nommer en Guinée, ce que nous ne voulons pas au Bloc Libéral, tout ce qui est technique doit faire l’objet de sélection sur la base d’un CV. Mais dans le cas précis, il y a d’abord une question de démocratie, l’ancrage de la démocratie c’est à la base. Les hommes et les femmes qui doivent diriger nos quartiers et districts doivent être l’émanation du peuple. Ces élections là nous les voulons non partisanes, même si on doit les faire de la façon du PDG-RDA où on invite les gens dans un stade on demande aux candidats de s’aligner et on dit aux gens de s’aligner derrière les candidats, je le préfère. Mais celui qui doit être le président d’un quartier, d’un district, qu’il soit l’émanation du peuple.

La deuxième chose, même à supposer que pour une question de coût ou d’autres choses on veuille nommer les chefs de quartiers ou districts, c’est que je ne souhaite pas, ça ne peut être fait que par le maire. Mais on prend une autorité au-dessus du maire qui nomme, c’est un peu la même défaillance qu’on fait dans les structures décentralisées lorsqu’on va jusqu’à nommer le secrétaire général de la commune par arrêté du ministre. Le secrétaire général dans une commune est le chef de l’administration de la commune. Et donc celui-là ne peut être que sous l’autorité du maire. Et, en tant que tel, c’est à la commune de constater la vacance du poste et de mettre une procédure en place permettant à tous ceux qui ont profil de soumissionner et sur la base d’une sélection rigoureuse, prendre un candidat qui a le meilleur profil, notamment en termes de compétences, d’intégrité, d’expérience. Malheureusement dans notre pays on fait du surplace à chaque fois.

On n’a pas à nommer à toutes les fonctions. Il y a des postes qui sont techniques qui doivent être pourvus par une sélection sur la base de CV, des entrevues. Cette personne qui est sélectionnée ou choisie sur cette base n’a pas être dérangée parce que le président ou le ministre a changé. Mais la politisation à outrance que le CNRD a dénoncée, c’est à peu près la même chose qu’on est en train de ramener à travers ce décret», déplore Dr Faya, un des leaders politiques accusés d’être des soutiens de la junte militaire.

A signaler qu’en 2017 au moment de son vote par l’Assemblée nationale dominée par le RPG Arc-en-ciel au pouvoir et l’UFDG du chef de file de l’opposition, Dr Faya Millimouno était l’un des acteurs politiques à s’opposer à cette Loi qui donne le pouvoir au parti politique arrivé en tête des résultats d’une élection communale, dans un quartier ou district, de désigner son chef.



KS