Habibatou Camara, une des présumées victimes de viol au stade du 28 septembre en 2009, a sollicité et obtenu du Tribunal criminel un témoignage à huis clos pour ne pas être répudiée par son mari, choquer ses enfants et sa famille.
Cette enseignante de 46 ans qui sert à Coyah et habite à Kaloum, est pourtant presque tous les jours sur les radios pour témoigner de ces événements atroces, la dernière de ses interviews ayant eu lieu hier seulement sur TV5, à la veille de l'audience d'aujourd'hui. En dehors de son visage, elle n'a pour ainsi dire plus rien à cacher qui ne permette à sa famille et toutes ses connaissances de l'identifier. Pourquoi alors ce huis clos inutile ? Pourquoi une enseignante choisit-elle de s'exprimer en soussou au lieu du français qu'elle enseigne aux pauvres écoliers de Coyah ? On comprend maintenant la baisse effroyable de la qualité de l'enseignement en Guinée...
Et, en plus, si elle est soucieuse du "qu'en dirait-on" de sa famille, elle devrait se dire que les familles des accusés, parmi lesquels il y a sûrement des innocents, sont aussi soucieuses du sort de leurs pères, maris et enfants qui risquent la prison à vie ! Elle aurait d'ailleurs dû, dès le départ, avouer les faits à son mari et à sa famille, au lieu d'attendre 13 longues années pour risquer de leur faire connaître cette vérité ! Nous sommes en Afrique, c'est difficile, c'est vrai, mais il s'agit également de la vie d'autres familles dont des proches sont dans le box des accusés !
Depuis 2009, il a été dit et écrit dans les médias que les cas de viol de plus de la centaine de femmes ne paraissent pas tous authentiques, d'autres en ont profité pour se faire des coussins d'argent avec les ONGs internationales et l"Etat. La demande pressante de ce huis clos suspect vient renforcer ce doute.
A l'allure là, même l'AVIPA (Association des victimes, parents et amis, une ONG) va demander le huis clos pour expliquer comment son ordinateur contenant la liste de plus de la centaine de femmes violées a miraculeusement disparu 13 ans après, tout juste à l'ouverture du procès ! Dans le souci de préserver l'anonymat de la "centaine de femmes violées" ? Bienvenue à Conakry, capitale mondiale de ce que vous n'avez pas vu encore. Allons seulement !
Lu sur la Page Facebook de Abdoulaye Sankara

