Selon de nombreux analystes de la situation socio-politique de la Guinée, l'incarcération de l'ancien Premier ministre Kassory Fofana et de plusieurs autres dignitaires du régime déchu d'Alpha Condé viserait à préparer la mentalité des partisans de Cellou Dalein Diallo, président de l'UFDG a accepté un éventuel emprisonnement de le leader cité dans le dossier de la vente des actifs d'Air Guinée et du démantèlement du chemin de fer Conakry-Niger, dossier pendant devant la CRIEF (cour de répression des infractions économiques et financières).
Invité de la radio Fim FM ce lundi, Mamadou Cellou Baldé, membre du Bureau politique de l'UFDG et ancien député de Labé a reconnu que le président Cellou Dalein Diallo n'est pas au dessus de la loi. De ce fait, et en tant que démocrate, son parti ne fera pas obstacle à la justice. Toutefois, l'ancien locataire de la Maison centrale de Conakry met en cadre contre "un acharnement politique".
"Si Cellou est convoqué, ce que nous demandons est que la justice fait son travail dans les règles de l’art. Mais si nous constatons que c’est un acharnement politique et non une question judiciaire mais nous allons apporter une réponse politique à un acharnement politique. Cellou Dalein est un citoyen guinéen comme tous les autres. En tant que Guinéens qui vivent ici vous connaissez l’humilité et la modestie de Cellou Dalein. Vous savez que c’est quelqu’un qui n’a jamais fui ses responsabilités. Et donc, nous du côté de l’UFDG également en tant que parti démocrate, nous savons très bien que Cellou Dalein n’est pas au dessus de la loi, il est un justiciable comme tous les autres mais que cela soit fait dans les règles de l’art, que cela ne soit pas un acharnement politique. Je le dis et je le répète. Si c’est un acharnement politique parce que ça ne peut pas se cacher, les procédures sont connues, eh bien, nous allons apporter une réponse politique", a déclaré avec insistance ce lieutenant de l'ancien chef de l'opposition, interrogé sur l'état d'esprit des responsables et militants de l'UFDG face une éventuelle convocation de leur leader devant la CRIEF ou son placement sous mandat de dépôt.
Mamadou Cellou Baldé s'est aussi exprimé sur les assises nationales, le cadre de concertation et la dernière demande adressée par le ministère de l'administration du territoire et de la décentralisation (MATD) aux coalitions politiques concernant le chronogramme de la transition. Par rapport à ces différents points, l'ancien député a conclu que la junte militaire qui a pris le goût du pouvoir continue dans une "logique de fuite en avant". Mais il prévient que ça sera à ses risques et périls.
"Le CNRD et le gouvernement sont en train de passer à côté de la plaque par rapport à la gestion de la transition. Nous avions alerté et nous constatons qu’ils continuent dans cette logique de fuite en avant. Le ministre Mory Condé n’avait pas à nous adresser des courriers pour nous faire des injonctions à mettre des dates devant une liste de plus de 400 tâches. Il y a un manque de volonté pour aller à l’essentiel par rapport à la transition", a-t-il souligné.
"Pourquoi le CNRD à peur de mettre ensemble les forces vives de la nation pour qu’on arrondisse les angles?" S'est interrogé ce cadre de l'UFDG disposer à faire des concessions par rapport à la durée de la transition (15 mois) qu'il a proposée.
KS

