La Cour suprême de Guinée s’est prononcé le mardi 25 juillet 2023 sur le pourvoi en cassation introduit auprès d’elle par le procureur spécial près la CRIEF (cour de répression des infractions économiques et financières) contre l’ordonnance de mise en liberté conditionnelle de l’ancien ministre de la Défense, Dr Mohamed Diané.
Dans son arrêt, la plus haute juridiction du pays confirme la décision de la chambre de contrôle de l’instruction de la CRIEF qui, en janvier dernier, avait ordonné la remise en liberté de l’ancien ministre d’Alpha Condé moyennant le payement d’une caution de deux milliards cinq cents millions de francs guinéens.
La défense de Dr Mohamed Diané qui estime qu’à part le payement des deux milliards cinq cents millions de francs guinéens, plus rien ne s’oppose à la libération de son client en détention depuis avril 2022, s’est réjouie de la décision de la Cour suprême. Malheureusement pour Maître Almamy Samory Traoré et ses codéfendeurs, leur joie a froidement été douchée par les explications données à ladite décision par le procureur spécial près la CRIEF.
En effet, d’après Aly Touré, la Cour suprême a jugé son recours «sans objet», le dossier de l’ancien ministre de la Défense et des affaires présidentielles d’Alpha Condé renversé en septembre 2021, étant en examen devant la chambre de jugement de la CRIEF. Elle n’a pas ordonné sa remise en liberté comme le dit sa défense.
Aly Touré est suivi par les avocats de l’Etat guinéen qui s’est constitué partie civile dans cette affaire portant sur des faits présumés de détournement de derniers publics, enrichissement illicite, blanchiment de capitaux et complicité.
Dans un entretien accordé à FIM FM ce mercredi 26 juillet 2023, Maître Almamy Samory Traoré a affirmé qu’ils vont «incidenter» si le procureur spécial près la CRIEF refuse de libérer leur client tel que ordonné par la décision de la chambre de contrôle de l’instruction qui vient d’être confirmée par la Cour suprême. Pour lui, la démarche d’Aly Touré et ses complices vise à emmener la Cour suprême à se fonder sur des éléments externes au dossier pour motiver sa décision. Ce qui sera une faute professionnelle de sa part.
KS

