Six (6) partis politiques dont l’UGDD (union guinéenne pour la démocratie et le développement) ont récemment claqué la porte de l’Alliance nationale pour l’alternance démocratique (ANAD), la coalition politique dirigée par le président de l’UFDG (Union des forces démocratiques de Guinée), Cellou Dalein Diallo, pour mettre en place une nouvelle alliance électorale.
Dans un communiqué de presse publié à cet effet, ces formations politiques ont expliqué leur démarche par «la nécessité de s’organiser de façon autonome et indépendante afin de répondre aux enjeux de la transition en cours». Ce que refuse de croire Etienne Soropogui, président du parti Nos Valeurs Communes et membre de l’ANAD. Pour l’ancien commissaire de la défunte CENI (commission électorale nationale indépendante), les leaders de ces partis sont manipulés par les autorités de la transition pour affaiblir Cellou Dalein qu’elles ne veulent pas voir les succéder au pouvoir.
«C’est des départs manipulés. Et derrière cette manipulation, il y a effectivement le pouvoir. Personnellement, j’ai été approché et je crois que d’autres leaders aussi l’ont été dans ce sens. Encore une fois, c’est pour déstabiliser le président Cellou Dalein et l’isoler. Parce qu’on sait bien qu’aujourd’hui, il est dans une posture qui fait que si les choses devraient normalement se passer dans ce pays, je crois que le pouvoir ne devrait pas pouvoir lui échapper. Et ça, vous avez des personnes qui ne veulent pas cela, qui ne veulent pas que la volonté de la population s’exprime. Après, ils veulent nous interpeller pour jouer à ce genre de traîtrise. Toutes les manipulations sont en train d’être ourdies pour qu’effectivement, le président Cellou ne se présente pas. Mais je crois que les gens perdent leur temps», a largement expliqué Etienne Soropogui au cours d’un entretien avec FIM FM, ce jeudi 27 juillet 2023.
Pour preuve, le président de Nos Valeurs Communes dit avoir été approché dans ce sens par plusieurs cadres du régime, et non des moindres. « J’ai été personnellement approché par plusieurs personnes, mais j’ai senti derrière cette démarche, une certaine volonté de nuire à un ami, à un frère, quelqu’un qui s’est battu. Je peux demain décider pour des convenances personnelles d’emprunter un chemin pour faire grandir mon parti politique. Mais je ne peux pas faire ça parce que j’aurai été manipulé derrière au détriment d’un ami », a indiqué Etienne Soropgui visiblement catégorique.
Par ailleurs, l’opposant a aussi dénoncé le budget de la mise en œuvre du chronogramme de la transition. Il estime que les six cents millions de dollars est une sorte de rançon demandée par la junte pour rendre le pouvoir. Comme plusieurs autres acteurs politiques, Etienne Soropogui affirme que parmi les dix points du chronogramme de la transition, certains ne sont pas du tout réalisables. En prenant comme exemple l’établissement du fichier électoral que le gouvernement veut extraire du fichier d’état civil.
«Pour le fichier électoral, rien n’est en train d’être fait à ce niveau. Ce qu’on nous vend, c’est de travailler à arrimer la génération du fichier électoral avec le fichier d’état civil. Ce qui est totalement aberrant. Même le Sénégal aujourd’hui, ce travail est fixé en termes d’objectif décennal. Le Sénégal actuellement n’est pas en capacité de faire générer son fichier électoral du fichier d’état civil. Ce n’est pas possible. Alors, si les gens nous disent ça ici, ça veut dire naturellement qu’ils ne veulent pas sortir de cette transition », a dénoncé l’allié de Cellou Dalein Diallo.
KS

