Scène poignante : le substitut du procureur, Sidiki Camara, a terminé son réquisitoire ce mercredi 22 mai 2024 en fondant littéralement en larmes et en sanglots à la barre, lorsqu'il a rappelé le cas de cette pauvre femme, nourrice d'un bébé de trois semaines, qui a été violée au stade, puis emmenée dans un lieu secret où elle a subi les mêmes atrocités pendant des jours, contractant finalement le VIH-Sida. À sa libération par ses bourreaux, le bébé, guidé par son instinct de l'innocence, a refusé de prendre le sein qu'elle lui tendait. Son mari l'a répudiée pour un crime dont elle est plutôt la victime, et elle se retrouve aujourd'hui encore dans la rue, errant comme une âme en peine. Et c'est ce qu'elle est devenue : une âme en peine que seule une administration judiciaire équitable pourra soulager un minimum des souffrances.
La salle a été envahie par un frisson, la chair de poule et une émotion contagieuse, de la pitié, après les pleurs publics de ce procureur qui ne pouvait naturellement pas se retenir. Le président du tribunal a été contraint de suspendre l'audience.
Que justice soit faite pour toutes les victimes du CNDD le 28 septembre au stade du même nom en 2009. Pour que cela ne se reproduise plus jamais en République de Guinée !
Par Abdoulaye Sankara

